Le chef du parquet national financier assure vouloir accélérer les investigations pour limiter l’impact des procédures judiciaires sur les échéances politiques
Le procureur de la République financier, Pascal Prache, dit s’attacher à ce que les « investigations aillent suffisamment vite pour ne pas percuter directement le calendrier électoral, autant que possible ».
« Le sujet, c’est celui de l’application de la loi, mais en essayant aussi de faire en sorte que les investigations aillent suffisamment vite pour ne pas percuter directement le calendrier électoral, autant que possible », a exposé le chef du parquet national financier (PNF) mardi sur BFMTV et RMC. Le PNF, créé en 2013, est régulièrement accusé par certains élus de nourrir, à travers les enquêtes qu’il initie, une justice « politique » pesant sur les échéances électorales. Ce dont se défendent les magistrats financiers.
Le but est d'« essayer, lorsque nous en avons la possibilité, notamment en termes de maîtrise des délais d’enquête, que le calendrier judiciaire impacte le moins possible le calendrier électoral », a souligné le procureur financier. Il a ajouté : « nous n’avons pas toujours une totale maîtrise parce qu’il y a les services d’enquête, il y a le positionnement des différents acteurs qui font que ce calendrier peut évoluer en permanence ».
« Nous sommes aussi confrontés en période pré-électorale, potentiellement, à des tentatives d’instrumentalisation de l’autorité judiciaire », a aussi estimé Pascal Prache. « Il est impératif que nous soyons très attentifs », a-t-il insisté. « Lorsque des faits sont portés à notre connaissance, nous sommes amenés à faire un certain nombre de vérifications avant d’ouvrir des enquêtes. Et ce n’est pas parce que nous ouvrons une enquête que, mécaniquement, il y aura derrière une poursuite ».
Récemment, le PNF est revenu dans l’actualité en demandant qu’un juge d’instruction se saisisse de l’enquête visant notamment Édouard Philippe, prétendant à la présidentielle 2027, pour des faits présumés de détournement de fonds publics, harcèlement moral ou encore prise illégale d’intérêts au sein de la communauté d’agglomération du Havre, ville dont il est maire.
À la suite d’une plainte déposée fin 2023, « une enquête préliminaire a été diligentée » par le PNF, a retracé M. Prache, rappelant qu’une « plainte avec constitution de partie civile » a ensuite été déposée par la lanceuse d’alerte : « à partir de ce moment-là, l’ouverture d’information judiciaire est automatique ».
Dominique de Villepin, candidat potentiel à la présidentielle, est désormais lui aussi dans le viseur du parquet national financier : le PNF a ouvert une enquête préliminaire sur des statuettes reçues lorsqu’il était ministre et qu’il a ensuite conservées.
