La disparition puis la découverte, jeudi 4 juin 2026, du corps d'une enfant pouvant être celui de Lyhanna, 11 ans, disparue depuis le 29 mai dans le Gers, ont provoqué une onde de choc nationale. Alors que l'enquête judiciaire se poursuit, et que le procureur d'Agen devait dévoiler en fin de journée les résultats de l'autopsie, l'affaire a rapidement pris une dimension politique. Le principal suspect était visé par plusieurs signalements par le passé, dont des plaintes pour viols sur des enfants. Le garde des Sceaux Gérald Darmanin s’exprimera ce soir dans le journal de 20 H de TF1.
Ce vendredi 5 juin 2026, l'exécutif français est monté au créneau. En déplacement au Monténégro, Emmanuel Macron s'est dit choqué par le drame et a réclamé des enquêtes pour faire toute la lumière sur les éventuels dysfonctionnements. Le chef de l'État avait sollicité dès jeudi soir Sébastien Lecornu.
Les choses ne se sont pas passées comme elles auraient dû se passer, c'est une évidence. Donc c'est inacceptable.
Emmanuel Macron, qui ne veut «entendre aucun argument de moyens dans cette affaire»
Cette enquête administrative est visiblement lancée. Elle a été évoquée ce matin lors de cette réunion à Matignon autour du Premier ministre avec les ministres de l’Intérieur et de la Justice Réunion durant laquelle Sébastien Lecornu s’est dit lui aussi « choqué ». Il demande que les résultats « lui soient remis sous 15 jours ».
Sans attendre, Matignon dit avoir des éléments « accablants » dans la procédure à tous les niveaux de la procédure. Une source au gouvernement pointe notamment du doigt la procureure d’Auch, mise en cause pour non-application d'une circulaire pénale priorisant les enfants victimes. De leur côté, la Conférence des procureurs généraux et celle des procureurs de la République affirment qu'à ce stade aucune responsabilité ne peut être « mentionnée » ni aucune sanction « prononcée ».
L'affaire pourrait s'imposer comme un sujet majeur du débat politique. Les candidats déclarés ou pressentis à l'élection présidentielle de 2027 ont multiplié les prises de parole, faisant de cette tragédie un symbole des dysfonctionnements de l'État.
À droite, le président des Républicains Bruno Retailleau et le président du RN Jordan Bardella dénoncent des failles de la justice et un affaiblissement préoccupant de l'action publique. Les deux responsables politiques estiment que le drame aurait pu être évité. Ils réclament un renforcement des dispositifs de prévention et de suivi.
Dans le bloc central, Édouard Philippe appelle à mieux coordonner les services chargés de la protection de l'enfance afin de réagir plus rapidement aux signalements.
Du côté de la gauche, Raphaël Glucksmann pointe le manque de moyens de la justice et des services de protection des victimes.
La patronne des écologistes, Marine Tondelier, a quant à elle estimé que l'affaire dépassait le simple cadre d'un dysfonctionnement administratif. Selon elle, le drame met en lumière des failles structurelles dans la prise en compte des violences sexuelles faites aux enfants et dans la protection des victimes.
Le garde des Sceaux Gérald Darmanin tente-t-il de déminer le terrain ? Il doit s'exprimer ce soir dans le journal de 20 H de TF1, avec une annonce attendue.
