Le sommet du G7 vient de débuter. Et un premier dîner est organisé ce soir pour amorcer les discussions. Il est réservé aux dirigeants des 7 pays du groupe auxquels s’ajoutent les représentants de l’Union européenne. Demain, les conjoints seront présents au dîner de gala. La discussion de ce soir est particulièrement importante. Mais avant le début du dîner, l’arrivée de Donald Trump ne s’est pas déroulée comme prévu.
Avec notre envoyée spéciale à Évian , Valérie Gas
La mécanique annoncée semblait bien huilée. L'Élysée avait fait savoir à quel point Donald Trump allait avoir un traitement de faveur lors de ce G7 d’Évian, à commencer par un privilège annoncé, inscrit au programme du sommet noir sur blanc. Le président américain devait être le seul dirigeant accueilli aujourd’hui par Emmanuel Macron en personne sur le tapis rouge. Mais quand « the beast » (la bête, c’est le surnom de la voiture blindée dans laquelle circule Donald Trump) est arrivée devant l’hôtel Royal, où a lieu le sommet, le président Emmanuel Macron n’était pas là. Donald Trump est sorti, mais sur le tapis rouge, c’est un inconnu du grand public, le chef du protocole de l’Élysée, qui s’est avancé pour lui serrer la main.
« Pas de surinterprétation », avance l’entourage d’Emmanuel Macron qui finissait, nous dit-on, son entretien avec le président brésilien Lula. Une explication pas forcément convaincante tant le storytelling autour de l’importance de la présence de Donald Trump à Évian avait été diffusé auprès de la presse. Alors s’agit-il d’un message politique ? Un signe de fâcherie ? Une prise de distance ? Donald Trump n’a pas manifesté de contrariété sur le moment. Il a lancé aux journalistes : « Everything is very nice. Thank you ». « Tout est super. Merci ».
Les deux présidents se sont ensuite exprimés ensemble face caméra avant leur entretien bilatéral. Un échange cordial mais pas chaleureux. Emmanuel Macron a remercié Donald Trump d’être là, il a parlé d’un « accord essentiel » avec l’Iran. Donald Trump a évoqué son ami spécial Emmanuel, mais il n’a pas manifesté beaucoup d’enthousiasme sur la proposition d’une mission franco-britannique de sécurisation du détroit d’Ormuz, affirmant qu’il n’avait pas besoin de beaucoup d’aide et que le détroit serait « complétement ouvert vendredi ».
Le président américain s’est félicité des conversations qu’il avait eues dimanche 14 juin avec Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine et a expliqué qu’il pensait pouvoir « faire quelque chose ».
Demain une session spéciale sur l’Ukraine est prévue en présence du président Zelensky. Emmanuel Macron espère pouvoir obtenir un engagement américain pour avancer vers la paix et faire pression sur Moscou. C’est l’autre grand enjeu de ce G7 avec les discussions pour préciser les contours de l’accord avec l’Iran, sur la supervision de la neutralisation des stocks d’uranium enrichi, la protection du Liban et donc la réouverture du détroit d’Ormuz. Avec en prime un petit sujet : droits de douane.
Quelques heures avant son arrivée, Donald Trump a encore menacé de taxer les vins français si Paris ne lève pas une taxe de 3 % sur les revenus réalisés sur son territoire par les entreprises technologiques, y compris les géants américains comme Facebook, Amazon, Apple et Alphabet, maison mère de Google.
