Accord avec l’Iran, relations avec les États-Unis, affaire Lyhanna ou interdiction des réseaux sociaux : Emmanuel Macron a abordé de nombreux sujets lors de son interview sur TF1 en marge du G7. Voici les points essentiels à retenir.
En marge du G7 à Évian où la France accueille les chefs d’État ou de gouvernement étasunien, italien, allemand, britannique, japonais et canadien , Emmanuel Macron a accordé un entretien au journal télévisé de 13 heures de TF1. Au menu de cette interview : l’accord Iran/États-Unis, l’affaire Lyhanna , l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans ou encore la campagne présidentielle. Voici ce qu’il fallait en retenir
Dans la nuit de dimanche à lundi, Téhéran et Washington sont parvenus à trouver un accord pour mettre fin à une interminable crise commencée par l’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël. « Cet accord est une bonne chose », s’est félicité Emmanuel Macron qui affirme que la France se tient prête à envoyer des moyens militaires pour permettre au détroit d’Ormuz de rouvrir « de manière pacifique ». Des avions, une frégate, des services de déminage et peut-être le porte-avions Charles-de-Gaulle pourraient être mobilisés dans le cadre d’une mission internationale avec le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l’Italie.
« Cet accord prévoira la levée des sanctions sur l’Iran, s’il est bon », promet le locataire de l’Élysée, qui dit vouloir par ailleurs s’assurer « que cette paix permette de protéger le Liban » dont une partie du territoire est occupée par Israël. « Il faut lutter contre des groupes terroristes néfastes pour le Liban et la région mais s’assurer qu’il n’y ait plus de bombardements, que les troupes étrangères se retirent », appelle-t-il.
Le chef de l’État s’oppose en revanche au projet de péage dans le détroit qu’auraient validé les États-Unis d’après l’agence iranienne Fars : « Ce n’est pas du tout ce qu’on souhaite. Ça créerait un précédent. Si à chaque fois vous faites payer, vous faites monter les prix pour la Terre entière. » « Ce n’est pas conforme au droit international » , assure-t-il, alors que les premiers bateaux pourraient d’ici peu à nouveau naviguer. « Il ne faut pas de péage qui irait enrichir le régime (des Mollahs, NDLR) », a-t-il déclaré.
Autour de la table du G7, les dirigeants discuteront de moyens pour « réduire notre dépendance » au détroit d’Ormuz, « c’est-à-dire trouver d’autres chemins ». Il a évoqué, par exemple, l’hypothèse de construire des gazoducs à travers l’Irak, la Syrie et le Liban pour établir d’autres voies de passage des hydrocarbures.
Cette réouverture permettra probablement une baisse des prix des carburants car il y aura un impact sur les cours du pétrole « dans les prochaines semaines ». Le gouvernement, qui s’est refusé à tout dispositif massif et pérenne d’aides aux plus modestes, « va continuer de s’assurer que ce soit bien répercuté à la pompe dans des délais normaux », assure Emmanuel Macron.
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Dans deux jours, Emmanuel Macron recevra Donald Trump au château de Versailles à l’occasion des 250 ans de l’indépendance des États-Unis. Mais les relations entre les deux pays restent des plus tendues, les Américains ayant notamment menacé la France d’imposer des tarifs douaniers de 100 % sur les vins français. Une taxe qui ne verra pas le jour si le gouvernement supprime la taxe sur les géants américains du numérique. « Ce n’est pas comme ça que ça marche, a répondu Emmanuel Macron. Cette taxe fait partie de notre droit. Les États-Unis ne décident pas du droit des Français et des Européens. »
Interrogé sur le rôle des États-Unis dans le soutien à l’Ukraine, le président de la République a balayé le qualificatif d’ « allié fiable ». « Un allié qui est là, préfère-t-il. Un allié qui pensait pouvoir finir vite la guerre il y a un an et demi, qui a vu la difficulté à nos côtés, qui ne finance plus l’effort de guerre. »
En invitant le président ukrainien Volodymyr Zelensky au G7, Emmanuel Macron espère convaincre les États-Unis de renforcer leur soutien à Kiev en mettant « la pression » sur Moscou. Mais aussi faire en sorte qu’un éventuel accord de paix ne soit pas signé sans la présence des nations européennes que Russes et Américains voudraient marginaliser : « La bonne négociation, c’est l’Ukraine et la Russie autour de la table, avec les Américains et les Européens. »
Il avait balayé d’un revers de main la question des moyens de la Justice et renvoyé à des « cris » les manifestations féministes, après la découverte de la mort de Lyhanna, 11 ans, dans le Gers. Emmanuel Macron, « bouleversé », persiste : « Il faut faire avec méthode. » Fier de son bilan en la matière, le chef de l’État n’a pas soutenu le principe d’une loi intégrale pour lutter contre les violences sexuelles que demandent les associations féministes comme les parlementaires de gauche.
Il souhaite d’abord que la lumière soit faite sur ce drame précis car « on aurait pu l’éviter manifestement ». « Un travail a été lancé et sera rendu dans huit jours. Dans huit jours, le gouvernement pourra tirer les leçons », assure-t-il. Ce n’est que dans un second temps, dit-il, qu’ « on pourra voir aussi avec toutes les associations ce qu’il faut faire pour protéger nos enfants. »
« On ne répond pas à un drame par des cris » : face aux mobilisations sur l’affaire Lyhanna, le mépris de Macron
C’est l’un de ses principaux chevaux de bataille depuis deux ans et Emmanuel Macron touche au but : « les parlementaires vont voter la loi avant le 15 juillet », ce qui lui permettra d’une mise en œuvre de l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans « à la rentrée de septembre ». Il sera alors impossible pour ces enfants de créer de nouveaux comptes. Les comptes existants seront, eux, supprimés. « Ça les plonge dans une grande solitude, ça les fait souffrir. Ils ne sont pas prêts pour cela, a-t-il justifié. C’est parfois un lieu de harcèlement. Ça brouille leur développement cognitif. »
Enfin, Emmanuel Macron a évoqué sa fin de mandat. « Mon principal rôle est d’être président jusqu’au dernier quart d’heure. » Emmanuel Macron a exclu de prendre part à la bataille présidentielle à venir : « Il est attendu d’un président de la République, a fortiori lorsqu’il n’est pas candidat à sa succession, d’être là pour protéger (notamment contre les ingérences étrangères, NDLR) , d’assurer l’unité et représenter le pays à l’international. »
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G7, Trump, Affaire Lyhanna… Ce qu’il fallait retenir du passage de Macron au 13 heures de de TF1
