Le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, estime ce lundi 8 juin au micro de BFMTV-RMC que le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, traite l'affaire Lyhanna avec "démagogie". Un mot employé pour qualifier le souhait du garde des Sceaux de demander aux procureurs généraux de reprendre "l'intégralité des plaintes qui touchent les enfants", soit environ 70.000 dossiers , d'ici au 14 juillet, après la mort de la jeune fille de 11 ans et les accusations de dysfonctionnements concernant les procédures visant le suspect, Jérôme Barella.
"C'est de la démagogie", dénonce Manuel Bompard. "La belle affaire, une fois qu'on les a examinées (les plaintes, NDLR), si on a personne pour les prendre en charge, les traiter... Vous pouvez les examiner mais il faut qu'elles soient prises en charge, il faut qu'il y ait une police judiciaire pour mener les enquêtes, faut auditionner des personnes."
"Et puis quoi, ça veut dire qu'il faut une tragédie dans notre pays pour que les enquêtes suivent leur cours, c'est ça que nous dit Monsieur Darmanin, c'est absolument absurde", abonde-t-il.
Tout en qualifiant la mort de Lyhanna, retrouvée morte jeudi dans le Gers, de "drame" et de "tragédie" atroces", le coordinateur de la France insoumise estime que Gérald Darmanin "s'exonère de sa propre responsabilité, qui est une responsabilité politique".
"Il y a un problème systémique dans la prise en charge des violences sexuelles", juge Manuel Bompard". "Il n'y a pas eu d'instruction de monsieur Darmanin demandant à ce que la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles contre les enfants soit une priorité ultime".
Pour lui, la question d'une "démission" du ministre de la Justice et du ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez "se pose".
Manuel Bompard pointe également du doigt dans le même temps la "cour disciplinaire de la magistrature" réclamée par Bruno Retailleau, afin de prononcer d'éventuelles sanctions à la place de l'actuel Conseil supérieur de la magistrature qu'il juge "trop corporatiste". "Ce ne sont que des coups de communication indécents", lance le député des Bouches-du-Rhône.
Manuel Bompard dénonce par ailleurs "une clochardisation absolue de la justice", reprenant les termes de l'ancien garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas. "Évidemment que la solution, ce ne sont pas que les moyens, mais la question des moyens est centrale", insiste-t-il.
