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immigrationvia Sud Ouest··3 min de lecture

« Hubs de retour » en dehors des frontières de l’Europe : le Parlement européen adopte un règlement pour les migrants déboutés du droit d’asile

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Benjamin HaddadJordan BardellaMélissa CamaraFrançois-Xavier Bellamy
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Le contexte

Le Parlement européen a récemment adopté un règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d'asile, dans un contexte de pression croissante pour durcir la politique migratoire de l'Union européenne. Ce texte permet aux États membres d'installer des centres de rétention hors des frontières de l'UE, une mesure attendue par plusieurs pays, dont la Grèce.

Ce qu'il faut retenir

Le Parlement européen a adopté un règlement permettant aux États membres de créer des centres de rétention pour les migrants déboutés du droit d'asile en dehors de l'UE. Ce texte a été soutenu par la droite et l'extrême droite, tandis que la gauche et les ONG l'ont critiqué pour ses implications sur les droits humains. Le ministre français chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, a salué ce vote comme une avancée majeure pour la maîtrise de l'immigration.

Ce que ça change

Cette décision marque un tournant dans la politique migratoire de l'UE, renforçant les mesures d'expulsion et suscitant des débats sur les droits des migrants. Elle pourrait influencer les discussions sur l'immigration en France et dans d'autres pays européens, alors que les partis politiques réagissent à cette nouvelle orientation.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

La droite et l’extrême droite se sont félicitées de l’adoption de ce texte, critiqué par la gauche et les ONG, et censé s’attaquer à la question de l’immigration illégale en Europe

Le Parlement européen a approuvé mercredi 17 juin le règlement sur les retours de migrants déboutés du droit d’asile, une réforme de l’UE incluant la possibilité pour ses pays membres de conclure des accords pour installer des centres de rétention hors des frontières de l’Union.

Le texte a été adopté par 418 voix pour (218 contre, 30 abstentions) lors d’une séance plénière à Strasbourg.

Contesté par la gauche qui y voit une illustration de la convergence droite/extrême droite dans l’hémicycle, ce règlement est destiné principalement à accélérer les expulsions. Il permet aux États membres qui le souhaitent d’installer des centres en dehors de l’Europe pour y renvoyer les exilés déboutés.

Cette perspective est très attendue par exemple par la Grèce, qui espère disposer d’une telle structure – souvent décrite comme un « hub de retour » - dès 2027. L’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas ou encore le Danemark étudient aussi la possibilité de nouer des accords avec des pays tiers pour en ériger.

Aujourd’hui dans l'Union européenne, environ 20 % des décisions d’expulsion des étrangers en situation irrégulière aboutissent réellement à un retour, une statistique très critiquée par les partisans d’une ligne migratoire plus ferme. Sous pression pour serrer la vis, la Commission européenne a donc présenté il y a un an un texte visant à augmenter le nombre d’expulsions, au grand dam des élus de gauche et des ONG de défense des droits humains. Ceux-ci ont fait valoir que la création de tels centres hors de l’UE comportait de graves risques de violation des droits.

« Renvoyez-les ! » ont scandé des élus d’extrême droite. « Honte à vous ! » leur ont répondu des eurodéputés de gauche. L’élue écologiste française Mélissa Camara a fustigé « l’erreur impardonnable et historique de renoncer aux droits et à la dignité des personnes exilées pour approuver un texte dont la seule boussole est la xénophobie ».

« C’est une étape historique pour l’Europe, et la preuve que le changement est possible », a au contraire salué le conservateur François-Xavier Bellamy (PPE). Au cours des débats, cet élu français n’a cessé de décrire une Europe « impuissante face à l’immigration illégale », ce à quoi le texte est censé désormais remédier.

Ce nouveau durcissement de la politique migratoire de l’UE avait fait l’objet il y a deux semaines d’un accord entre les Vingt-Sept et les eurodéputés, mais il restait à le valider par ce dernier vote à Strasbourg.

« Après le conseil [l’instance représentant les 27, NDLR], le vote de ce texte au Parlement est une avancée majeure pour renforcer nos instruments de protection de nos frontières et de maîtrise de l’immigration », a commenté le ministre français chargé de l’Europe, Benjamin Haddad.

Au centre de l’échiquier, le groupe Renew était divisé sur la question des hubs. Certains élus souhaitaient exclure les familles avec enfants de la possibilité de renvoi vers des pays tiers lointains, mais n’y sont pas parvenus. « L’efficacité ne peut pas justifier l’injustifiable », a critiqué l’eurodéputé belge (Renew) Yvan Verougstraete, qui a voté contre.

Il a assuré que son parti, associé à la coalition au pouvoir en Belgique, ferait pression que son pays rejoigne l’Espagne dans le camp des opposants à ce texte au sein du conseil de l’UE.

À l’extrême droite, les Patriotes pour l’Europe se sont félicités de constater à quel point leurs idées pesaient désormais dans le débat. « Notre groupe a été l’aiguillon idéologique de cette négociation », avait déclaré à la veille du vote Jordan Bardella, chef du Rassemblement national en France.

Ce texte visant à augmenter et faciliter les retours avait été réclamé par une majorité de pays membres quelques mois seulement après l’adoption du Pacte sur la migration et l’asile, une grande réforme - entrée en vigueur vendredi dernier - prévoyant déjà des contrôles de sécurité renforcés.

Concernant les « hubs », le Royaume-Uni a dû abandonner un dispositif similaire qui prévoyait d’expulser vers le Rwanda des migrants en situation irrégulière, tandis que les centres gérés par l’Italie en Albanie se sont heurtés à des recours juridiques et à une mise en œuvre lente.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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