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justicevia Sud Ouest··3 min de lecture

« J’aurais préféré foncer dans un mur que dans un être humain », assure le chauffard qui a tué la gendarme Mélanie Lemée

Personnalités citées :Gérald Darmanin
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Le contexte

Le procès en appel de Yassine El Azizi, accusé d'avoir tué la gendarme Mélanie Lemée lors d'une course-poursuite, se déroule à Auch. L'accusé a été condamné à trente ans de réclusion en première instance. Le ministère public doit convaincre les jurés de la nature de l'accident pour déterminer la peine.

Ce qu'il faut retenir

Yassine El Azizi a maintenu qu'il n'avait pas vu la gendarme avant de la percuter. Il a reconnu avoir été sous l'effet de la drogue et a exprimé des regrets. La défense plaide pour un homicide involontaire, tandis que le procureur doit prouver l'intention de violence. Le procès est marqué par des tensions entre la défense et l'accusation.

Ce que ça change

Le verdict de ce procès pourrait avoir des implications sur la perception de la responsabilité des conducteurs sous l'influence de drogues et sur la manière dont les forces de l'ordre sont protégées lors de leurs interventions. La décision des jurés influencera également les débats sur la sécurité routière et la répression des comportements dangereux.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Dernier jour d’audience avant le réquisitoire et les plaidoiries de la défense. Yassine El Azizi a essuyé un feu roulant de questions portant sur les faits. Il a maintenu ne pas avoir vu la militaire avant de la percuter mortellement

Le sixième jour du procès en appel de Yassine El Azizi s’est ouvert ce lundi 8 juin à Auch selon une configuration singulière : un autre magistrat, Claude Derens, avait pris la place de l’avocat général Pierre Sennès, qui a dû, comme tous les procureurs généraux de France, se rendre à la Chancellerie pour répondre à la convocation de Gérald Darmanin dans le cadre de l...

Le sixième jour du procès en appel de Yassine El Azizi s’est ouvert ce lundi 8 juin à Auch selon une configuration singulière : un autre magistrat, Claude Derens, avait pris la place de l’avocat général Pierre Sennès, qui a dû, comme tous les procureurs généraux de France, se rendre à la Chancellerie pour répondre à la convocation de Gérald Darmanin dans le cadre de l’affaire Lyhanna. Le procureur général d’Agen, qui compte dans son ressort le Gers, sera de retour ce mardi 9 juin pour faire ses réquisitions. Son remplaçant, qui a découvert le dossier en urgence ce week-end, ne s’est toutefois pas planqué. Claude Derens y est allé de ses questions à l’accusé, responsable de la mort de Mélanie Lemée le 4 juillet 2020, avec la conviction que Yassine El Azizi ne peut pas ne pas avoir vu la gendarme sur le barrage de Port-Sainte-Marie (47) ce soir-là.

L’enjeu n’est pas neutre, car si le chauffard engagé ce soir-là sur la D 813 à plus de 130 km/h dans une course-poursuite pour échapper à une interpellation n’est pas renvoyé pour homicide volontaire, faut-il encore que le ministère public convainque les jurés que le Tonneinquais a foncé délibérément vers la gendarme pour forcer le barrage pour coller à l’accusation de « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

Tout le long de cet ultime interrogatoire qui aura duré plus de trois heures, Yassine El Azizi n’a pas varié de version : « Vous aimeriez faire de moi un assassin, mais la vérité c’est que je ne l’ai pas vue. J’étais à 150 km/h, cela a duré deux secondes, l’espace d’un clin d’œil », n’a-t-il cessé de rétorquer, très combatif dans le box. « Ce soir-là, mon comportement est inadmissible. Je n’avais dormi qu’une heure, j’étais sous l’effet de la drogue. Je ne cherche pas à nier ma responsabilité dans ce drame. Mais la vérité, c’est que je ne l’ai pas vue sur le barrage. Jusqu’alors, j’avais toujours évité les obstacles. J’aurais préféré foncer dans un mur que dans un être humain. Je ne suis pas un meurtrier », martèle-t-il.

M e Bellandi et M e Delmouly ne le croient pas, avec à l’appui ses déclarations spontanées dans les premières heures de sa garde à vue, au petit matin du 5 juillet 2020. « Vous dites aux enquêteurs que vous avez vu la gendarme reculer », livre M e Bellandi. « Il est impossible que les gendarmes aient pu vous souffler ce genre de détails », appuie-t-il. « C’est n’importe quoi ! J’étais confus, se défend El Azizi. J’essayais de reconstituer l’accident avec les éléments que me livraient les gendarmes. »

Sur les bancs de la défense, la tension monte. M es Martial et Casellas montent au créneau. « À dix reprises dans sa restitution, l’expert en accidentologie parle d’‘‘un accident’’, rappelle M e Martial. Quant à la garde à vue, on sait que ce n’est pas rien. Il y a la douleur et la violence verbale. Combien sont-ils à avoir fait des aveux immédiats pour que cela cesse, avant de revenir dessus ? » La défense plaidera ce mardi l’homicide involontaire. Yassine El Azizi avait été condamné en première instance à Agen à trente ans de réclusion.

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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