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educationvia Sud Ouest··3 min de lecture

« L’État est en train de tuer l’apprentissage », déplore-t-on à la Région Nouvelle-Aquitaine

Personnalités citées :Karine Desroses
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Le contexte

L'apprentissage en France a été recentralisé depuis la réforme de 2018, transférant la compétence des Régions vers l'État. La Région Nouvelle-Aquitaine, comme d'autres, a investi massivement dans les centres de formation des apprentis (CFA) pour soutenir cette filière. Cependant, des coupes budgétaires récentes menacent la viabilité de ces investissements.

Ce qu'il faut retenir

La Région Nouvelle-Aquitaine dénonce des coupes budgétaires drastiques dans le financement de l'apprentissage, passant de 134 millions à 33 millions d'euros. Karine Desroses, vice-présidente de la région, affirme que ces décisions de l'État mettent en péril l'avenir de l'apprentissage et pourraient entraîner la fermeture de CFA, notamment en milieu rural. Elle souligne l'importance de former des apprentis pour remplacer les artisans qui partiront à la retraite dans les années à venir.

Ce que ça change

Ces coupes budgétaires pourraient avoir des conséquences graves sur la formation professionnelle en France, en réduisant le nombre d'apprentis et en menaçant la pérennité des CFA. Cela soulève des questions sur la capacité de la France à former une main-d'œuvre qualifiée pour l'avenir, en particulier dans les métiers manuels essentiels.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Avec le dépôt d’une couronne mortuaire symbolique à Pessac pour dénoncer les coupes claires dans le budget de l’apprentissage, la Région Nouvelle-Aquitaine monte en première ligne pour dénoncer une politique qui « n’a pas de sens »

« À cause des décisions de l’État, l’apprentissage est mort », explique Karine Desroses, vice-présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’emploi. Les acteurs de l’apprentissage se sont réunis ce lundi 8 juin pour déposer une couronne mortuaire devant...

« À cause des décisions de l’État, l’apprentissage est mort », explique Karine Desroses, vice-présidente de la Région Nouvelle-Aquitaine en charge de la formation professionnelle, de l’apprentissage et de l’emploi. Les acteurs de l’apprentissage se sont réunis ce lundi 8 juin pour déposer une couronne mortuaire devant les bâtiments de Cap Métiers Nouvelle-Aquitaine à Pessac, près de Bordeaux. But de la manœuvre : alerter sur la menace qui plane sur la filière. Elle a pris la forme d’une coupe claire dans le budget alloué à l’apprentissage pour l’exercice en cours. La dotation de l’État va ainsi passer de 134 millions à 33 millions. Ce qui n’était qu’une piste la semaine dernière est désormais gravé dans le marbre. « L’arrêté a été publié samedi, pour une fois cela a été très rapide, l’État est en train de tuer l’apprentissage. C’est irresponsable », ajoute l’élue, qui est aussi présidente de la chambre de métiers et de l’artisanat de la Haute-Vienne.

Pour la Région Nouvelle-Aquitaine, la dotation va passer de 40 millions à 5 millions d’euros. Depuis la réforme de l’apprentissage de 2018 qui a vu la compétence apprentissage recentralisée, les Régions sont les principaux investisseurs dans les centres de formation des apprentis (CFA).

« Chaque euro perçu pour l’apprentissage a été réinvesti dans l’apprentissage. Depuis le début du mandat, la région a investi 125 millions dans les CFA, financé 1 500 équipements pédagogiques et plateaux techniques, soit 40 000 apprentis accompagnés. On était sur une voie d’excellence et, là, du jour au lendemain, sur l’autel des économies budgétaires, on est en train de tuer l’apprentissage. Dans quel pays on s’en prend à la jeunesse ? », s’emporte Karine Desroses.

Conséquence de ce coup de rabot massif, des CFA pourraient fermer, notamment ceux dans le milieu rural : « On pouvait maintenir ce maillage territorial parce qu’on les soutenait, maintenant on ne pourra plus le faire, reprend la présidente. Pourquoi forme-t-on des apprentis ? Pour qu’ils deviennent de futurs repreneurs d’entreprise. Et on en a besoin : dans dix ans, 50 % des artisans vont partir à la retraite. Si on coupe les moyens, qui va les remplacer ? Pensez-vous qu’on puisse faire sans pâtissiers, sans plombiers, sans maçons ? C’est en cela que la lecture comptable du gouvernement n’a pas de sens. »

Vu des Régions, la politique de l’apprentissage, un des totems des années Macron, est un échec patent. La loi Pénicaud de 2018 a fait tripler progressivement le nombre d’apprentis. Il tutoie désormais le million. « La quantité ne veut pas dire qualité, note Karine Desroses. Les métiers du tertiaire sont désormais comptabilisés, or, l’apprentissage, ce sont d’abord des métiers manuels. On a créé de la concurrence et il y a eu un effet d’aubaine pour certains organismes créés à cet effet. » France Compétences, qui centralise l’apprentissage, affiche un déficit de 12 milliards d’euros. Pire, selon un rapport de la Cour des comptes, révélé ce lundi par « Les Échos », 10 % des fonds alloués à l’apprentissage sont exposés à des risques de détournement ou d’abus, soit près d’un milliard et demi d’euros chaque année…

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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