Aller au contenu principal
Toute l'actualité
internationalvia Courrier international··4 min de lecture

L’inauguration à Paris d’un mémorial du génocide rwandais, un acte de séduction ?

Personnalités citées :Emmanuel MacronPaul Kagame
PartagerXLinkedInWhatsAppEmail

Le contexte

Les relations entre la France et le Rwanda ont été tendues depuis le génocide rwandais de 1994, où la France a été accusée de complicité. Depuis l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, un processus de réconciliation a été initié, notamment à travers des rapports historiques et des gestes mémoriels. Le mémorial inauguré à Paris témoigne de cette volonté de rapprochement.

Ce qu'il faut retenir

Le 2 juin 2026, un mémorial en hommage aux victimes du génocide rwandais a été inauguré à Paris. Emmanuel Macron et Paul Kagame ont tous deux souligné l'importance de ce geste pour la réconciliation entre les deux pays. Macron a reconnu les responsabilités de la France dans le génocide, tandis que Kagame a évoqué le processus de reconnaissance de la vérité. La France continue également de traiter des affaires judiciaires liées au génocide, comme celle d'Agathe Habyarimana.

Ce que ça change

L'inauguration de ce mémorial marque un tournant dans les relations franco-rwandaises, symbolisant une volonté de réconciliation et de reconnaissance des erreurs passées. Cela pourrait influencer la perception de la France en Afrique et améliorer ses relations diplomatiques sur le continent, surtout dans un contexte où la France cherche à redéfinir son rôle en Afrique.

L'article complet

Source originale sur courrierinternational.com

Six mille deux cent quarante-cinq kilomètres séparent Paris de Kigali. S’il est vrai que la distance physique entre les deux capitales est longue, force est de reconnaître qu’elles sont de plus en plus diplomatiquement très proches l’une de l’autre. Les épais nuages qui assombrissaient leurs relations se sont dissipés, et ce depuis l’arrivée au pouvoir du président Emmanuel Macron.

En effet, c’est ce dernier qui a lancé un “processus mémoriel et de réconciliation” entre son pays et celui de Paul Kagame. Tout a commencé, en effet, avec le rapport de l’historien Vincent Duclert [en 2019, Emmanuel Macron a créé une commission dont le rapport, remis en 2021, entendait faire la lumière sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsi au Rwanda], dont les conclusions, on s’en souvient, étaient sans appel. Elles pointaient la responsabilité “accablante” de la France dans le génocide rwandais de 1994 .

Toute chose qui n’était pas pour déplaire à l’homme mince de Kigali [surnom de Kagame], surtout qu’en mai 2021 le président Macron, en visite au mémorial national de Gisozi, à Kigali, avait reconnu le rôle joué par la France dans la boucherie humaine qui a marqué l’histoire contemporaine du Rwanda. Et comme s’il voulait davantage se rapprocher de Kigali, Paris a inauguré, le 2 juin 2026, un nouveau mémorial en hommage aux victimes du génocide rwandais.

Trente-deux après le génocide contre les Tutsi rwandais, Paris et Kigali se rapprochent aussi sur les bords de Seine, lieu d’érection du mémorial. Lors de l’inauguration du lieu, Paul Kagame a livré un discours que reprend notamment le quotidien rwandais The New Times . Pour le président rwandais, ce mémorial “ témoignera du respect porté à la dignité des Rwandais et à [leur] histoire”.

Il est notamment revenu sur le rôle de la France lors de ce génocide qui a fait “plus de 1 million de morts en cent jours”, estimant que, si certains désaccords persistaient entre les deux pays concernant les faits historiques, “le processus de reconnaissance de la vérité était en cours”.

De son côté, Emmanuel Macron a décrit la commémoration comme l’aboutissement d’un long processus, rappelant que dès 2021, à Kigali, il avait “reconnu au nom de la France les responsabilités […] dans un engrenage qui a conduit au génocide des Tutsi”.

Un nouveau geste mémoriel qui constitue un nouveau pas vers la décrispation entre la France et le Rwanda. Le jeu en valant, ici, la chandelle, on comprend pourquoi le président Kagame n’a pas voulu s’en laisser conter. Il a tenu à faire lui-même le déplacement [à] Paris.

En tout cas, le président Emmanuel Macron voudrait sceller la réconciliation avec son homologue rwandais qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Surtout quand on connaît les efforts qu’a fournis la France en vue de traquer, juger et condamner les génocidaires rwandais sur son sol.

Le dernier cas en date est celui d’Agathe Habyarimana [veuve du président rwandais Juvénal Habyarimana, elle est accusée par le pouvoir rwandais de complicité de génocide. Réfugiée en France, elle est également poursuivie par son pays], dont le non-lieu a été annulé par la Cour d’appel de Paris qui, du même coup, a ordonné la reprise de l’instruction. C’est dire si l’ex-première dame du Rwanda doit se faire du mouron. Car, d’un moment à l’autre, elle pourrait être mise en examen par son rôle présumé dans le génocide.

Là aussi, on sait que Kigali suit très attentivement l’évolution du dossier ; [lui] qui, on le sait, souhaiterait voir l’ex-égérie pendue haut et court. En tout cas, tout se passe comme si le président, Emmanuel Macron, avant de s’en aller de l’Élysée, cherchait à sauver ce qui peut l’être encore, notamment en soignant l’image mal famée que l’on colle à la France, accusée d’ingérences dans les affaires internes des pays africains.

On se rappelle, en effet, du vote de la loi [du 9 mai 2026] portant sur la restitution des œuvres d’art volées ou pillées pendant la colonisation française en Afrique. Toute chose que les uns et les autres ont appréciée à sa juste valeur, même si certains y ont trouvé à redire. Et pas plus tard que la semaine dernière, la France a procédé à l’abrogation du Code noir, promulgué aux XVII e et XVIII e siècles, et dont l’objectif était de codifier les conditions de vie, le statut juridique et le traitement des esclaves dans les colonies françaises.

Quand on sait que la France est en perte de vitesse sur le continent noir, l’on a envie de dire que Macron semble engagé dans une opération de séduction des Africains avant de tourner le dos à l’Élysée. Y parviendra-t-il ? On attend de voir.

La guerre des statues des suprémacistes hindous

Texte extrait depuis l'article original sur courrierinternational.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur courrierinternational.com.

Newsletter quotidienne · gratuite · sans pub

Le brief politique du matin

L'actu politique française en 3 min, sans pub ni bullshit. Vulgarisations sourcées, articles agrégés des 35 grands médias FR — chaque matin à 7h.

  • Lois du jour vulgarisées (contexte, à retenir, ce que ça change)
  • 5 articles politiques marquants, sourcés
  • Aucune pub, aucune revente, désinscription en 1 clic
Fréquence

Sans publicité. Sans revente. Désinscription en 1 clic.

Le résumé semble incorrect ou orienté ? Signalez-le via le formulaire de contact — Civiqo applique une politique de neutralité stricte : nos règles éditoriales bannissent tout vocabulaire évaluatif et toute affirmation non sourcée.