La visite du ministre algérien de l’Intérieur à Paris marque une volonté de normalisation des relations bilatérales après plusieurs mois de tensions diplomatiques
La visite du ministre algérien de l’Intérieur Saïd Sayoud place Beauvau a permis d’acter « la reprise des discussions » entre Paris et Alger et « de reconstruire de véritables habitudes de travail » après plusieurs mois de tensions, a indiqué mardi le ministère de l’Intérieur français.
« Ces discussions, effectuées dans un état d’esprit constructif et déterminé, avaient pour objet d’évoquer avec exhaustivité les dossiers majeurs pour l’Algérie comme pour la France , avec une attention particulière et renouvelée, au retour en France de notre compatriote Christophe Gleizes », souligne la place Beauvau dans un communiqué. Le cas du journaliste Christophe Gleizes , détenu depuis juin 2025 en Algérie pour « apologie du terrorisme », fait partie des sujets de tension entre Alger et Paris, comme l’a été celui de l’écrivain Boualem Sansal, gracié par le président algérien fin 2025 après un an en prison.
« Sécurité intérieure et lutte contre la criminalité organisée, questions migratoires et sécurité civile » étaient au programme des réunions de travail. Concernant les questions migratoires, « les discussions, franches et pragmatiques, ont permis de confirmer la reprise d’une coopération loyale pour permettre une montée en puissance des retours », annonce le communiqué.
Le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez avait annoncé courant mai que les expulsions d’Algériens en situation irrégulière avaient recommencé vers leur pays. Laurent Nuñez avait alors précisé que l’Algérie avait délivré quelque 140 laissez-passer consulaires, documents qui autorisent le retour de ses ressortissants sur leur territoire.
« La question de l’accord franco-algérien de 1968 a également été abordée dans les échanges, les parties ayant décidé de travailler sur la base de propositions concrètes à venir à l’initiative de la France pour le faire évoluer », est-il ajouté. La lutte contre les trafics de drogues de synthèse et autres stupéfiants, ainsi que « la recherche de fugitifs impliqués dans la criminalité organisée », font aussi partie « des axes de travail prioritaires » des deux pays, détaille le ministère.
La visite de Saïd Sayoud à Paris « s’est inscrite dans la continuité du déplacement de Laurent Nuñez » en février à Alger , « conformément au souhait du président de la République Emmanuel Macron de restaurer avec l’Algérie un dialogue efficace, respectueux de l’intérêt national de chacun des États ». Après des mois de tensions entre les deux pays, la visite de Laurent Nuñez à Alger avait amorcé une détente des relations entre Paris et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962. La crise avait été déclenchée à l’été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d’autonomie « sous souveraineté marocaine » pour le territoire disputé du Sahara occidental.
