Des acteurs majeurs du ferroviaire étaient réunis ce jeudi 28 mai à Saintes pour soutenir le projet d’une école d’ingénieurs publique spécialisée dans ce créneau. SupFerro s’intégrera dans le Ferrocampus, un pôle de recherche et de formation piloté par la Région
D ’une friche industrielle à une école d’ingénieurs publique, voilà le grand bond célébré ce jeudi 28 mai à Saintes. En 2017, la ville au fort passé cheminot encaissait l’annonce de la restructuration du Technicentre SNCF. Neuf ans plus tard, les anciens ateliers sont en pleine reconversion. Sous l’impulsion de la Région, ils abriteront le Ferrocampus, un pôle de recherche et de formation où l’on doit inventer « le train de demain », aime ré...
D ’une friche industrielle à une école d’ingénieurs publique, voilà le grand bond célébré ce jeudi 28 mai à Saintes. En 2017, la ville au fort passé cheminot encaissait l’annonce de la restructuration du Technicentre SNCF. Neuf ans plus tard, les anciens ateliers sont en pleine reconversion. Sous l’impulsion de la Région, ils abriteront le Ferrocampus, un pôle de recherche et de formation où l’on doit inventer « le train de demain », aime résumer le président, Alain Rousset.
« Saintes cochait toutes les cases pour nous. Des bâtiments disponibles, une compétence ferroviaire historique, la volonté de la Région de regarder un pont plus loin sur les innovations en termes de sécurité, de numérisation, d’allègement du matériel ferroviaire, de diminution du coût de la maintenance… Ici nous avons tout à disposition, les compétences d’aujourd’hui et de demain », se réjouit-il, écharpe Ferrocampus autour du cou.
La locomotive du projet se nomme SupFerro. Cette école d’ingénieurs pilotée par l’université de La Rochelle doit s’élancer en septembre 2028, avec une première promotion d’une vingtaine d’étudiants pour une formation sur trois ans, niveau bac + 5, dont deux ans en apprentissage. À terme, il y aura 60 élèves par promotion.
« SupFerro est aujourd’hui un rare cas de création d’école d’ingénieurs publique », souligne Gérard Blanchard, président de La Rochelle Université. Sans dotation d’enseignants supplémentaires, l’université se débrouille pour impliquer 30 enseignants-chercheurs dans la pédagogie. Elle mise aussi sur les partenaires privés qui « interviendront pour 60 % de la formation ».
Ces partenaires sont bien représentés, ce jeudi. Alstom, qui a recruté 1 200 personnes en 2025, dont 60 % d’ingénieurs, ou Hitachi Rail France, très intéressé. Et puis Jean Castex, PDG de la SNCF, dont le bagout fait oublier l’absence de dernière minute du ministre du Travail Jean-Pierre Farandou et de Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. « La France manque d’ingénieurs ! » pose l’ancien Premier ministre.
Le train « a le vent en poupe » et a besoin de troupes. Entre 2024 et 2027, la SNCF a prévu 40 000 recrutements. « Nous embauchons 1 300 personnels d’encadrement chaque année, dont près de 500 ingénieurs », détaille Jean Castex.
Le projet SupFerro a glané 47 lettres de soutien d’acteurs de la filière. Elles meublent un dossier qui vient d’être déposé auprès de la commission des titres d’ingénieur (CTI). C’est elle qui dira, à l’automne, si une école d’ingénieurs voit le jour dans la sous-préfecture de 25 000 habitants.
SupFerro chapeautera une offre qui ira du CAP au bac plus 5, avec de la formation continue, pour un potentiel d’environ 900 élèves par an. « L’usine-école », dotée de plateaux techniques, doit être livrée en septembre 2028. Cela suppose une offre en logements et en équipements que l’agglomération de Saintes a la charge d’impulser. Initialement « sceptique », son président Bruno Drapron s’est dit « enthousiaste », ce jeudi.
