La gratuité des cantines scolaires parisiennes pour les familles les plus modestes sera mise en place dès la rentrée de septembre. Le dispositif concernera plus de 17 000 enfants, sur les quelque 100 000 enfants qui mangent chaque jour dans les cantines parisiennes, a annoncé le maire Emmanuel Grégoire, ce vendredi 5 juin.
Elle sera mise en place pour les deux premières tranches du quotient familial (inférieur à 384 euros) c’est-à-dire les familles qui payent actuellement les repas à 0,13 et 0,85 centime d’euros, a détaillé le nouvel édile socialiste, rappelant que cette mesure était « un engagement de campagne » . Son objectif : « Permettre l’accès de tous à une alimentation durable et saine. »
« Ce sont des factures toutes petites qu’on a du mal à recouvrer, qui demandent beaucoup de logistique, donc on préfère faire ce geste de solidarité » , a-t-il expliqué lors de la visite d’une cuisine centrale qui livre les écoles du XXe arrondissement.
Ce seront plus de 2,5 millions de repas qui seront distribués gratuitement chaque année, dans les collèges, les écoles, mais aussi les jardins d’enfants. Le coût total annuel est estimé à 1,2 million d’euros. Cette décision doit être actée lors d’un vote au prochain Conseil de Paris, à la mi-juin.
« Il faut prendre la mesure de la très mauvaise qualité de l’alimentation, y compris en quantité, de certaines familles modestes » , a défendu le maire, affirmant que la question de l’alimentation des enfants n’était « pas négociable » . Le repas servi à la cantine « est souvent le seul repas un peu solide donné dans la journée » , alors que la fréquentation de la cantine se « dégrade au niveau du collège » , a-t-il fait valoir.
Les tarifs des huit tranches suivantes, qui paient le repas jusqu’à 7 euros, seront en outre gelés. Emmanuel Grégoire précise que « ce repas coûte en réalité près de 13 euros à la Ville, la collectivité prend donc en charge près de 45 % du coût du repas pour les familles les plus aisées » .
Le coût des repas a augmenté ces dernières années pour la ville, en raison de l’inflation des matières premières. « Si on avait répercuté le coût de l’inflation des denrées alimentaires sur les familles, il aurait fallu augmenter les tarifs de 40 à 50 millions d’euros au global, que la ville a compensés ces dernières années » , selon Emmanuel Grégoire. En cause dans la hausse des prix il y a également le « gain qualitatif » , ajoute l’édile, qui garde en tête l’objectif de 100 % d’aliments issus de productions bios, françaises et durables d’ici 2027.
