Les politiques ne sont pas les bienvenus. Les parents de Lyhanna ne veulent pas de récupération de la marche blanche à laquelle ils participeront ce dimanche 7 juin à Fleurance en mémoire de leur fille. Ils ont seulement convié les maires des villages qui les accompagnent dans cette épreuve.
Député du Gers, David Taupiac sera l’un des rares élus à se joindre à cet hommage. « C’est tout un territoire qui est traumatisé par la disparition de la petite Lyhanna . J’y serai comme citoyen, aux côtés de la famille » , a-t-il justifié sur franceinfo .
L’élu Liot (un groupe indépendant à l’Assemblée) voit cependant dans cette marche un peu plus qu’un soutien à des proches en deuil. « C’est aussi une forme de protestation silencieuse » , pointe David Taupiac, en référence aux révélations qui se succèdent depuis plusieurs jours sur le profil du principal suspect. L’homme aujourd’hui placé en détention provisoire est visé par plusieurs plaintes et signalements pour des violences sexuelles commises sur des enfants. Mais aucun n’a conduit à des investigations suffisamment approfondies.
Plusieurs enquêtes sont désormais en cours pour tenter de comprendre s’il y a eu des défaillances de la gendarmerie ou de la justice dans le traitement de ces différentes alertes. Les résultats de l’enquête administrative diligentée par le ministre de la Justice Gérald Darmanin seront connus sous 15 jours. « J’espère qu’elle éclairera de manière indépendante et objective ce qui s’est passé (...), où il y a eu des manquements. Surtout qu’on identifie quelles sont les causes des différents dysfonctionnements et ce qu’il faut mettre en œuvre aujourd’hui pour qu’on n’ait pas une situation similaire qui se reproduise » , espère David Taupiac.
Cette affaire a pris une dimension politique ces derniers jours, plusieurs responsables ( Emmanuel Macron en tête ) y allant de leur commentaire ou de leur proposition. Dernière en date, celle de Bruno Retailleau qui réclame dans Le Parisien la création d’une « cour disciplinaire de la magistrature » pour sanctionner les magistrats auteurs de fautes.
