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internationalvia Le HuffPost··5 min de lecture

La réussite d’un G7 comme celui d’Evian passe aussi par l’art de recevoir, des hôtels de luxe à la gastronomie

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Emmanuel MacronJacques ChiracCapricia Penavic MarshallPierre Raffard
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Le contexte

Le sommet du G7 se tient à Evian, en France, et attire l'attention sur l'importance de l'accueil et de la gastronomie dans les négociations diplomatiques. La France, en tant que pays hôte, met en avant son patrimoine culinaire lors de ces événements internationaux.

Ce qu'il faut retenir

Le sommet du G7 à Evian met en lumière l'importance de la gastronomie dans la diplomatie. Les lieux d'accueil, comme l'Hôtel Royal, sont soigneusement choisis pour leur prestige. Les repas servis aux délégations sont considérés comme des outils diplomatiques, favorisant la convivialité et les échanges. Des études montrent que la cuisine peut faciliter les négociations et véhiculer des messages culturels et politiques.

Ce que ça change

Ce sommet souligne le rôle de la France en tant que leader dans l'art de recevoir et la diplomatie culinaire. En mettant en avant sa gastronomie, la France renforce son image sur la scène internationale et utilise ces événements pour promouvoir son patrimoine culturel. Cela pourrait influencer la perception des autres pays sur la France et ses traditions.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

« On ne fait pas de bonne diplomatie sans bons déjeuners » … ni hôtels de luxe. Alors que le sommet du G7 s’ouvre à Evian ce lundi 15 juin, la célèbre citation de Talleyrand n’a presque pas pris une ride. Quand il officiait sous Napoléon ou Louis XVIII, le diplomate ne lésinait pas sur la gastronomie pour faire aboutir les négociations.

Deux siècles plus tard, les pays hôtes de sommets comme celui du G7 surveillent toujours de près les assiettes des délégations, mais aussi les lieux où elles sont accueillies. Les rencontres du « Groupe des sept » qui se tiennent jusqu’à mercredi ne dérogent pas à cette règle : la France reçoit dans le prestigieux Hôtel Royal que vous pouvez voir en tête d’article .

Le bâtiment, en surplomb de la cité thermale et avec une vue imprenable sur le lac Léman, avait déjà accueilli le G8 (la Russie n’avait pas encore été exclue) en 2003, sous la présidence de Jacques Chirac. Lors du dernier sommet en France en 2019 , Emmanuel Macron avait choisi l’Hôtel du Palais à Biarritz, un établissement de renom classé monument historique. Là aussi, un lieu pas désagréable puisque situé sur le front de mer, comme le montrent les photos ci-dessous .

Cette « diplomatie hôtelière » est au cœur de chaque édition du G7, décrypte Le Figaro , égrainant les établissements de luxe qui ont accueilli les dernières éditions. Citons le cadre de rêve du Pomeroy Kananaskis Mountain Lodge pour le sommet canadien de 2025 au milieu des montagnes de l’Alberta, ou l’éblouissant Borgo Egnazia qui a reçu les invités du G7 italien en 2024.

« Le choix d’un lieu pour un sommet est lié à l’impact que cela aura sur les négociations diplomatiques et sur la perception qu’il aura sur les médias et l’opinion, le monde nous regarde ! » , a résumé Capricia Penavic Marshall, l’ex-cheffe du protocole de Barack Obama citée par Le Figaro , lors d’une rencontre à Washington pour la promotion de son livre Protocol . Au-delà du cadre (splendide), les établissements doivent mettre les petits plats dans les grands pour assurer un séjour sans faux pas.

Au Royal Hôtel d’Evian, les préparations ont duré plusieurs mois, « en étroite collaboration avec les services de l’État, les équipes de l’Élysée, le ministère des Affaires étrangères et les différentes délégations internationales » , explique au HuffPost Alessandra de Raemy, responsable des relations presse. « Depuis l’automne 2025, les visites de repérage et les réunions de coordination se sont intensifiées afin de garantir un dispositif parfaitement opérationnel » , poursuit-elle, évoquant également un renforcement « ponctuel » des « équipes permanentes » par des « collaborateurs supplémentaires » .

Si les sommets du G7 reposent en partie sur le lieu d’accueil, les organisateurs gardent l’oeil sur les assiettes servies aux invités. « La gastronomie est une arme diplomatique » , rappelaient Les Échos au moment du G7 de Biarritz, pour lesquels les menus étaient longtemps restés « un véritable secret-défense » . Car si les repas « peuvent sembler anecdotiques à première vue » , ils jouent parfois un rôle déterminant dans l’avancée des discussions, affirme le géographe Pierre Raffard, auteur d’une Géopolitique de l’alimentation et de la gastronomie (ed. Le Cavalier Bleu) et présentateur de l’émission Voyage en cuisine sur Arte.

« Quand on se met autour d’une table, avec une bonne cuisine, des breuvages, une convivialité se met en place et ce processus-là n’est pas du tout anecdotique » , analyse-t-il, soulignant auprès du HuffPost qu’il existe « énormément de preuves historiques d’un usage diplomatique de la cuisine » . « Vous avez des textes mésopotamiens » datant d’avant notre ère « où on apprend que des rois sumériens utilisaient la diplomatie culinaire, qui ne portait pas encore ce nom, pour s’attirer les faveurs des ambassadeurs » , pointe Pierre Raffard.

La question a même fait l’objet d’une étude réalisée par des chercheurs portugais, repérée par le magazine Time et qui passe en revue les dîners politiques, les réceptions et les banquets d’État organisés aux XXe et XXIe siècles. Dans son article paru en novembre 2025, l’un des chercheurs conclut que « ces repas […] démontrent comment les pratiques culinaires et gastronomiques ont facilité les négociations diplomatiques et offert des opportunités d’échanges culturels » , de « diffusion de la culture nationale » et de « communication politique » .

Ce dernier point est aussi souligné par Pierre Raffard. En plus de mettre à l’aise les participants, les repas permettent de passer des « messages » , relève le géographe qui cite l’exemple de l’ « hybridation culinaire » pratiquée « dans les cuisines des palais » de l’Empire Ottoman dans les années 1890. La « politique de modernisation » à l’œuvre dans l’État s’est ressentie en cuisine, relate Pierre Raffard, mentionnant des menus avec « énormément de recettes ottomanes, mais aussi des recettes européennes » . En reprenant ses plats, les Ottomans voulaient montrer au Vieux Continent qu’ils pouvaient « prendre symboliquement le meilleur de leurs deux cultures et parler sur un pied d’égalité » .

Voir la France prêter attention aux repas de ses sommets et notamment du G7 n’a rien de surprenant. La gastronomie est une vieille arme de la diplomatie tricolore, comme en témoignent les manœuvres de Talleyrand. L’Histoire a retenu les festins organisés par le ministre des Affaires étrangères lors du Congrès de Vienne commencé en 1814, lors duquel la France de Louis XVIII a dû mener des négociations difficiles avec les pays européens qui venaient de vaincre Napoléon. Comme le rapporte Le Monde , l’envoyé du roi lui avait même affirmé : « Sire, j’ai plus besoin de cuisiniers que de diplomates ! »

Les repas lors de sommets sont aujourd’hui l’occasion pour la France de « mettre en avant son patrimoine alimentaire national » , abonde Pierre Raffard, rappelant que le pays est réputé (entre beaucoup d’autres) pour ses fromages, ses vins, ses viandes, mais aussi pour « tout un savoir-faire » culinaire. Le contenu des assiettes qui seront servies à Evian n’a pas été dévoilé. Les amateurs de tartiflette ou de raclette parmi les délégations ont de petites raisons d’espérer : le menu du sommet de Biarritz avait mis à l’honneur les produits basques .

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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