En France, la commission d'enquête parlementaire sur la protection du patrimoine et la sécurisation des musées a rendu ses conclusions, mercredi 13 mai. Enclenchée après le braquage spectaculaire du Louvre survenu le 19 octobre 2025, la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale et les députés ont sillonné plusieurs musées du pays. Et le constat est le même partout : les questions de sûreté ont été « reléguées au second plan ».
La sécurité des musées est une problématique systémique pour Alexandre Portier, député Les Républicains et président de la commission qui a conduit le rapport présenté ce 13 mai : « La sûreté n'a jamais été considérée comme une priorité de manière générale, au niveau national, pour nos musées. C'est ce qu'on paie au Louvre, malheureusement, mais aussi dans d'autres établissements. »
Une fois ce constat fait, l'heure est aux propositions. Le rapport préconise 40 recommandations. La commission d'enquête parlementaire propose notamment de revaloriser les emplois autour de l'accueil et de la sécurité, ainsi que de mieux former les salariés.
Mais ce que les députés déplorent avant tout, c'est le système quasi-autonome de certains grands musées nationaux, dont les présidents sont directement nommés par le président de la République. Une proximité et des liens très forts avec le monde politique qui peuvent conduire à un manque de contrôle de la part du ministère de la Culture sur certains établissements qui dépendent pourtant de ce dernier, comme le Louvre. En février, les deux élus avaient ainsi qualifié le Louvre d'« État dans l'État », une expression à nouveau « assumée » ce 13 mai.
Alexis Corbière, député du groupe écologiste à l'Assemblée nationale et rapporteur du texte, demande un changement dans ce mode de nomination : « On propose que ce soit désormais un Conseil d'administration de l'établissement, dans lequel se retrouvent des personnalités qualifiées, des représentants du personnel et pourquoi pas des parlementaires, qui désigne cette personne . »
Devant la presse, l'élu de Seine-Saint-Denis a regretté le « retard », estimé à « 20 à 27 mois », pris dans la mise en place, par l'ancienne présidente du Louvre Laurence Des Cars, du schéma directeur des équipements de sûreté (Sdes), dont le premier calendrier avait pourtant été acté dès 2019. Un « temps perdu » qui « aurait peut-être modifié les choses », a-t-il déclaré, évoquant le cambriolage dont le musée le plus visité au monde a été victime .
Les députés espèrent pouvoir porter les 40 propositions prochainement dans une proposition de loi. La commission s'était constituée début décembre, dans le sillage du spectaculaire cambriolage du Louvre : le 19 octobre, huit joyaux de la Couronne, d'une valeur estimée à 88 millions d'euros, y avaient été dérobés et sont toujours introuvables. Le cambriolage a révélé d'importantes failles de sécurité dans l'établissement de 244 000m² – dont 70 000m² ouverts au public – qui accueille quelque neuf millions de visiteurs par an.
Les travaux de la commission ont donné lieu à une vingtaine d'auditions et tables rondes, où plus de 100 personnes ont été entendues, ainsi qu'à des déplacements en France et à l'étranger.
