Le Parti socialiste inaugure vendredi un nouveau laboratoire d’idées baptisé Noûs avec la volonté de contrer la progression des idées réactionnaires
Le Parti socialiste lance un think tank baptisé Noûs (« esprit », « intelligence » en grec), pour mener « la bataille culturelle » face au « néo-conservatisme d’extrême droite », a-t-on appris vendredi auprès de ses deux coprésidents, Julie Martinez et Gaston Laval. Ce think tank, qui se prononce « nousse », a pour objectif de poursuivre « le renouveau doctrinal » du Parti socialiste et d’être « un outil de résistance ».
« On est à un moment clé de notre temporalité politique en amont de la présidentielle et à un moment clé de la nécessité de renouveler notre logiciel intellectuel à gauche », face aux défis de l’urgence climatique, de l’intelligence artificielle et de « la grande bataille culturelle » face à « la vague réactionnaire », justifie Gaston Laval, conseiller socialiste de Paris. Envisagé comme un « nouveau maillon » entre intellectuels, personnalités culturelles et le parti d’Olivier Faure, Noûs va agréger les forces vives qui souhaitaient contribuer mais « ne savaient pas exactement à quelle porte frapper », ajoute-t-il.
Au programme : des sujets « à penser sur le temps long et toujours avec un pas de côté », mais avec l’objectif de « trouver une répercussion sur le terrain », souligne Julie Martinez, conseillère socialiste d’opposition à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) et à la tête du laboratoire d’idées France Positive, fondé par Jacques Attali. Parmi les premiers thèmes de réflexion, le sommeil, le bruit ou encore « la question du temps perdu qu’on pourrait récupérer à l’aune de grandes révolutions technologiques parmi lesquelles l’IA générative », détaille-t-elle. Noûs sera lancé le 8 juin, lors d’une soirée à Paris, qui aura pour thème « Nos vies empêchées : la violence contre les corps, les esprits, la démocratie ».
Ce think tank constitue le « troisième temps de la réorganisation du Parti socialiste », après « le projet socialiste pour le XXIe siècle », rédigé sous l’égide de l’eurodéputée Chloé Ridel et soumis prochainement au vote des adhérents, et la création de l’institut de formation Léon-Blum il y a un an, à l’initiative du chef des députés Boris Vallaud. Alors que La France insoumise dispose déjà depuis plusieurs années de son laboratoire d’idées, l’Institut La Boétie, le Parti socialiste dit s’inspirer plutôt des initiatives des partis socialistes ou sociaux-démocrates européens, comme la fondation Friedrich-Ebert du SPD allemand.
Noûs sera doté d’un « conseil des savoirs », sorte de conseil scientifique, composé d’une trentaine de personnalités, dont les philosophes politiques Justine Lacroix et Myriam Revault d'Allonnes, le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie, le sociologue Cyril Lemieux ou encore le spécialiste de l’islam politique Haouès Seniguer.
Sur X, le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a ironisé sur ce nouveau laboratoire d’idées : « Déjà nanti historiquement de l’institut Jean-Jaurès et de l’institut Léon-Blum attribué à la faction Boris Vallaud, voici donc « Noûs » lancé par Olivier Faure. Le Parti socialiste a donc plus de think tank que d’idées », a-t-il lancé.
