Le leader de La France insoumise a répondu à l’appel de la CGT Spectacles pour dénoncer la « mainmise » de Vincent Bolloré sur le monde culturel et médiatique. Son parti plaide pour une loi anti-concentration.
La bataille entre Vincent Bolloré et une parti du monde culturelle, politique et médiatique français s’intensifie. Plusieurs dizaines de personnes, dont Jean-Luc Mélenchon , se sont ainsi rassemblées ce samedi 30 mai près de L’Olympia à Paris, à l’appel de la CGT Spectacles, pour s’opposer à « la bataille culturelle de l’extrême droite » et à la « mainmise » du milliardaire conservateur Vincent Bolloré sur les médias et la culture. La prestigieuse salle de spectacle appartient au groupe Canal+ , dont Vincent Bolloré est l’actionnaire de référence.
« Monsieur Bolloré met en danger la liberté de penser en France en créant un monopole idéologique sur la presse, la culture et l’éducation, dans l’édition », a déclaré à l’AFP Jean-Luc Mélenchon, qui n’a pas pris la parole en tribune. « Si nous gagnons l’élection présidentielle » en 2027, « le trust Bolloré en entier sera démantelé », a ajouté le leader de La France insoumise (LFI), badge « Zapper Bolloré » au revers de la veste.
Cela passera par « une loi anti-concentration », a renchéri la députée LFI Sarah Legrain. Sous une chaleur écrasante, les manifestants, essentiellement issus du monde de la culture, se sont rassemblés sur la place Henri-Salvador, à côté de L’Olympia, au centre de Paris.
Parmi eux figurait la comédienne Adèle Haenel, signataire mi-mai d’une tribune qui visait le milliardaire et dénonçait « l’emprise grandissante de l’extrême droite » dans le cinéma, dont Canal+ est le premier financeur en France.
Via les groupes dans son giron, Vincent Bolloré est présent dans la télévision et le cinéma (groupe Canal+, qui détient plusieurs chaînes dont CNews ), la radio (Europe 1), la presse (JDD et les magazines du groupe Prisma ) et l’édition (Hachette, avec les éditeurs Fayard ou Grasset ). Au milieu d’une nuée de touristes, les discours se sont succédé sur l’estrade d’un camion aux couleurs de la CGT Spectacle, barré d’une banderole « Paris antifa ».
« Ce à quoi nous assistons, c’est une entreprise de mainmise sur toute la fabrique de l’opinion publique », a accusé la députée écologiste Sophie Taillé-Polian. Au Festival de Cannes , une tribune anti-Bolloré a déclenché une vive polémique : le président du directoire de Canal+, Maxime Saada , a menacé de ne plus financer les films des signataires.
En avril, des dizaines d’écrivains ont claqué la porte de Grasset après le limogeage du PDG Olivier Nora, qu’ils imputaient à Vincent Bolloré. Côté médias, CNews, Europe 1 et le JDD sont accusés par la gauche de promouvoir une vision d’extrême droite dans leur traitement des questions d’insécurité ou d’immigration, ce dont ils se défendent.
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