De nombreuses personnalités publiques ont rendu hommage samedi à Edgar Morin après l’annonce de sa mort à l’âge de 104 ans
Figure majeure de la vie intellectuelle et médiatique française et voix respectée à gauche, le sociologue et philosophe Edgar Morin est mort vendredi à l’âge de 104 ans , et sa mémoire a été saluée samedi 30 mai par une pluie d’hommages.
Le président Emmanuel Macron a salué la mémoire du sociologue et philosophe, ce « soldat de la Résistance, militant et affranchi, écrivain et penseur du siècle, défenseur de la nature et des peuples », qui était « l’humanisme fait personne ». « Avec sa bienveillance, sa curiosité, il ne cessait de nous éclairer. Pensée complexe, vie féconde, esprit universel. J’adresse à ses proches les condoléances de la Nation », a écrit sur le réseau X le chef de l’État. De son côté, le leader de La France insoumise (LFI) Jean-Luc Mélenchon a adressé un « salut ému » à cet « antifasciste, résistant, théoricien de la complexité ». Il a rappelé que l’intellectuel avait « pris sa part dans la protestation contre le massacre des Palestiniens à Gaza ».
La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a salué un « combattant infatigable pour la liberté, philosophe de la + pensée complexe + qu’il jugeait un besoin vital ». Il a « traversé le siècle en l’éclairant », a estimé François Hollande. Avec l’ex-président de la République, Edgar Morin avait cosigné en 2012 le livre d’entretien « Dialogue sur la politique, la gauche et la crise ».
« Il aimait confronter ses idées à tout ce qui était différent » et « nos débats pouvaient durer des heures », a réagi l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, avec qui Edgar Morin avait coécrit « Quelle école voulons-nous ? » en 2020. « Il nous lègue l’espérance d’une politique de civilisation à même de reconstruire un monde effondré », a renchéri l’ex-Premier ministre Dominique de Villepin. « Le cheminement d’Edgar Morin est une méthode pour l’avenir », a jugé l’Unesco. En juillet 2021, il avait donné une « conférence du centenaire » au siège de l’organisation à Paris à l’occasion de ses 100 ans.
Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, a assuré que ce secteur rendrait « hommage prochainement » à celui qui « restera une boussole ». « Penseur de la complexité, résistant, infatigable passeur de savoir, toujours animé par l’espérance humaniste, il nous a inlassablement appris à relier ce que nous séparons trop souvent, a confié Édouard Geffray, ministre de l’Éducation. Son legs est difficile à embrasser tant il est vaste, mais s’il est deux éléments que je retiens, c’est que c’était un humaniste et un véritable homme de dialogue. Dialogue entre les différents domaines de l’esprit comme entre les personnes. »
De son côté, le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann, a également rendu homme à celui qui a eu une « vie immense ! La tristesse est grande ce matin, la reconnaissance bien plus grande encore. Merci pour les combats et l’humanisme, la gentillesse et l’amitié aussi. Pour la brèche. Pour toute ton œuvre. Repose en paix cher Edgar Morin, résistant penseur. Homme libre. »
