Coup dur pour les ménages. L’Insee a présenté, mercredi 17 juin, des perspectives de croissance en France optimistes pour le trimestre en cours et pour l’année, tout en notant que l es ménages risquent d’être les principales victimes de la conjoncture actuelle.
Dans une note trimestrielle intitulée « L’industrie tient la barre, les ménages accusent le coup » , l’Institut national de la statistique émet pour la première fois une prévision de croissance annuelle pour 2026 : elle serait de 0,7 % sur la base d’un deuxième trimestre où le PIB croîtrait de 0,3 %. Dans ses prévisions mises à jour lundi, la Banque de France tablait, elle, sur 0,5 %.
Des chiffres encourageants. Sauf pour les ménages, qui seront les premiers concernés par un recul du pouvoir d’achat estimé à 0,3 % en 2026. « Les ménages supporteraient la plus grande partie de la facture et leur pouvoir d’achat se comprimerait » , indique l’Insee, qui limite ses prévisions à six mois.
Le choc énergétique provoqué par la guerre au Proche‑Orient devrait avoir nettement moins d’impact sur l’économie française que celui engendré par la guerre en Ukraine en 2022, ou lors des chocs pétroliers des années 1970, a estimé l’Insee. Malgré la flambée récente du prix du pétrole, qui est allé jusqu’à doubler par rapport à 2025 où le baril de qualité Brent s’échangeait à quelque 60 dollars, la situation au Proche-Orient amputerait au total le revenu national de 0,2 point cette année.
Pour cause : la crise en cours concerne avant tout le pétrole alors que les prix du gaz et de l’électricité s’étaient aussi envolés en 2022, en raison de « craintes de ruptures d’approvisionnement en gaz après l’embargo contre la Russie » , et « d’une indisponibilité d’une large fraction du parc nucléaire français » . La baisse continue de la dépendance de la France aux produits pétroliers fait aussi la différence, grâce au nucléaire mais aussi à une meilleure efficacité énergétique de l’industrie, selon l’Insee.
Pour autant, le choc n’est pas indolore pour les ménages. En 2022, l’État « avait mis en place des subventions généralisées à la pompe » , remarque l’Insee, alors que cette année, le gouvernement n’a pris que des mesures très ciblées d’aide aux entreprises et aux ménages. Résultat, le « pouvoir d’achat en produits pétroliers » des ménages baisserait de 20 % actuellement par rapport à 2025, exactement comme en 2022.
L’Insee prévoit pour fin décembre une hausse des prix de 2,7 % sur un an, contre moins de 1 % avant le conflit au Moyen-Orient. Des prix qui pourraient commencer à s’assagir si les tensions retombaient pour de bon, avec un baril à 85 dollars sur le reste de l’année. Mais de toute façon, a souligné Dorian Roucher, responsable du département de la conjoncture de l’Insee, « une partie du choc (inflationniste) va implacablement se diffuser » , plutôt dans les produits manufacturés que dans l’alimentation.
De plus, les salaires en France ne suivent pas pour l’instant, hormis le salaire minimum (SMIC) relevé automatiquement au 1er juin et les primes ponctuelles attendues en fin d’année. Concernant le chômage, l’institut chiffre sur un taux de chômage à 8,4 % en fin d’année, contre 7,9 % fin 2025 et 7,3 % fin 2024.
