Baptisé « fonds défense et souveraineté Atlantique-Méditerranée », un nouvel outil financier révélé lors du salon mondial de la défense Eurosatory a pour mission de renforcer les PME et ETI de l’industrie de défense française des trois régions qui sont à l’initiative : Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
D ans un contexte géopolitique bouleversé, la France est confrontée à un défi industriel majeur : tenir ses engagements de défense sans disposer des outils financiers adéquats pour soutenir les entreprises qui font vivre sa base industrielle et technologique de défense (BITD). Pour répondre à cette urgence, les Régions Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, qui concentrent à elles seules l’essentiel du tissu industriel de défense du pays, ont décidé...
D ans un contexte géopolitique bouleversé, la France est confrontée à un défi industriel majeur : tenir ses engagements de défense sans disposer des outils financiers adéquats pour soutenir les entreprises qui font vivre sa base industrielle et technologique de défense (BITD). Pour répondre à cette urgence, les Régions Bretagne, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, qui concentrent à elles seules l’essentiel du tissu industriel de défense du pays, ont décidé de conjuguer leurs forces.
Dans le cadre du salon de la défense Eurosatory à Paris, ce mercredi 17 juin, elles ont officialisé la création du « fonds défense et souveraineté Atlantique-Méditerranée », premier fonds d’investissement régional entièrement dédié à ce secteur. Son objectif : lever entre 100 et 150 millions d’euros permettant d’accompagner des PME et ETI de leurs territoires respectifs dans leur montée en puissance industrielle, leur consolidation et leur développement technologique.
Ces trois régions regroupent plus de 1 300 entreprises relevant de la BITD. La Nouvelle-Aquitaine est la première région aéronautique de défense du pays, avec 550 entreprises et 40 000 emplois liés à l’aviation de combat, aux missiles et aux matériaux embarqués, autour de donneurs d’ordres tels que Dassault Aviation, Safran ou Thales. L’Occitanie, première région aéronautique d’Europe, compte 430 entreprises BITD et 25 000 emplois avec Airbus Defence and Space, Thales Alenia Space et Safran. La Bretagne s’impose quant à elle comme le pôle stratégique des capacités navales et cyber françaises : 388 entreprises, 64 000 emplois, et des leaders comme Naval Group et Thales.
Le fonds soutiendra la montée en cadence industrielle des PME et ETI fournisseuses des grands programmes de défense, en renforçant leurs fonds propres et en finançant leur modernisation productive. « Nos entreprises françaises, en particulier nos PME, qui constituent le cœur de notre tissu économique, manquent de fonds propres. Ce fonds interrégional va, notamment, permettre de répondre à cet enjeu majeur », précisait Alain Rousset, président de la Région Nouvelle-Aquitaine, au moment de lancer ce fonds aux côtés de Carole Delga et Loïg Chesnais-Girard, ses homologues des Régions Occitanie et Bretagne.
Le fonds s’attachera également à favoriser les transmissions d’entreprises stratégiques, veillera à sécuriser le capital de sociétés clés face au risque de rachat étranger. Le troisième pilier vise les technologies critiques de demain – intelligence artificielle, cyberdéfense, hypersonique… – en ciblant également des entreprises du civil dont les savoir-faire présentent un potentiel dual.
La gouvernance du fonds « embarque » la Direction générale de l’armement (DGA) et des industriels comme Safran, Thales, Airbus, ou Dassault Aviation. Le fonds sera géré par une société de gestion s’appuyant sur l’équipe opérationnelle de M Capital, entreprise toulousaine de gestion d’actifs, avec la participation des Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie.
