Avant l’heure, c’est pas l’heure ? Plusieurs candidats ou prétendants à l’élection présidentielle se sont lancés dans une série de meetings ce mois de juin. Après Gabriel Attal la semaine dernière à la porte de Versailles à Paris, Jean-Luc Mélenchon lui emboîte le pas ce dimanche 7 juin, en réunissant les siens à Saint-Denis. Suivront Raphaël Glucksmann à Aubervilliers, puis Bruno Retailleau et Édouard Philippe dans la capitale.
Pour chacune de ces personnalités, il s’agit de montrer les muscles et de mobiliser les militants pour véritablement lancer une précampagne qui doit les mener jusqu’à l’Élysée. Reste que les Français n’ont pas vraiment la tête à cela, onze mois avant le scrutin. C’est en tout cas ce qui ressort du sondage réalisé ces derniers jours par YouGov pour Le HuffPost , et que nous publions ce dimanche.
À la question de savoir s’ils s’intéresseront à cette série de rassemblements politiques printaniers, 64 % des Français répondent plutôt par la négative. Dans le détail, une personne sondée sur deux assure qu’elle ne les suivra pas « du tout. » À l’inverse, seuls 11 % des interrogés indiquent qu’ils s’y intéresseront « attentivement », la réponse la plus enthousiaste proposée. Le signe d’un désintérêt manifeste pour l’élection phare de la Ve République ?
Pas forcément. Les Français, dont beaucoup souffrent de la hausse inédite des prix du carburant, estiment que l’heure de la campagne n’est pas encore venue. Dans ce même sondage, 66 % des personnes interrogées expliquent se sentir « concernées » par les enjeux de la présidentielle, (un chiffre en baisse sur un mois, mais toujours relativement haut) quand 26 %, seulement, affirment s’en tenir éloignés.
En revanche, 45 % des sondés affirment effectivement que la compétition entre les différents candidats démarre « trop tôt », avec cette ribambelle de rassemblements partisans. Dans le même temps, seuls 26 % souscrivent au calendrier actuel, celui des candidats pressés, en jugeant qu’il s’agit du « bon moment. » Il faut dire aussi que le débat politique actuel n’est pas forcément reluisant, étouffé par les diverses ambitions et les polémiques à répétition.
À gauche, comme au centre et à droite, les questions de méthode occupent toujours les esprits et contribuent à épaissir le brouillard qui plane sur la précampagne. Ce début de mois de juin est par exemple rythmé par les dissensions de la gauche hors-LFI. Olivier Faure a proposé à ses opposants internes, et à ses alliés, l’organisation d’une double primaire… Pour répondre aux velléités des anti-primaire. Une idée immédiatement tournée en dérision par ceux à qui elle s’adressait.
Au centre, Gabriel Attal semble vouloir tenter un coup en proposant lui aussi à ses concurrents l’organisation d’un vote interne pour éviter un départage sauvage fin 2026, au gré des sondages. Opposé de longue date à cette méthode, une sorte de premier tour, Édouard Philippe n’a pour l’heure pas changé d’avis.
Quoi qu’il en soit, l’un et l’autre vont continuer à ferrailler ces prochaines semaines pour provoquer les dynamiques et imposer un rassemblement derrière leur candidature. C’est à cela, aussi, que servent les meetings précoces. Ensuite, espèrent-ils, ils intéresseront aussi le plus grand nombre.
L’enquête a été réalisée sur 1002 personnes représentatives de la population nationale française âgée de 18 ans et plus. Le sondage a été effectué en ligne, sur le panel propriétaire YouGov France du 1 au 3 juin 2026.
