Le Sénat souhaite ajouter 14 milliards au 36 déjà initiaux demandés par le gouvernement en ce qui concerne la loi de programmation militaire. L’objectif est que le budget des armées représente en 2030 au moins 2,7 % du PIB, contre 2,5 % dans le projet gouvernemental
Le Sénat a proposé mercredi d’accentuer l’effort budgétaire en faveur des armées en votant en commission une enveloppe de 14 milliards d’euros supplémentaires, en plus des 36 milliards demandés par le gouvernement dans l’actualisation de la loi de programmation militaire (LPM).
Dans un contexte marqué par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, les sénateurs veulent aller plus loin que l’exécutif.
« Ce qu’on nous propose aujourd’hui, c’est une programmation qui ne permet que de sécuriser la loi de programmation précédente », a regretté lors d’une conférence de presse le président Les Républicains de la commission de la défense, Cédric Perrin, qui souhaite « donner beaucoup plus d’ambition » à la LPM et la mettre « en cohérence avec les menaces auxquelles l’exécutif nous prépare ».
La commission a adopté dans la matinée le projet de loi actualisant les grandes orientations du pays en matière de défense et de moyens pour les armées, qui doit, dans sa version gouvernementale, porter à 436 milliards d’euros les dépenses militaires prévues d’ici à la fin de la décennie.
Le Sénat prône, lui, un effort supérieur - 450 milliards d’euros - et entend faire en sorte que le budget des armées représente en 2030 au moins 2,7 % du PIB, contre 2,5 % dans le projet gouvernemental adopté ces derniers jours à l’Assemblée nationale. La Chambre haute propose ainsi de maintenir chaque année jusqu’à 2030 le montant engagé en 2026 pour la défense, à savoir 6,7 milliards d’euros.
« Nous essayons de lisser dans la durée cette progression pour faire en sorte que l’effort soit partagé entre la période 2026-2030 et la période 2030-2035 », a affirmé Cédric Perrin, espérant ainsi ne pas faire peser une charge considérable sur les futurs gouvernements après la présidentielle de 2027. Le débat aura à nouveau lieu dans l’hémicycle à partir de mardi, en présence de la ministre Catherine Vautrin qui pourra donner son avis sur les propositions des sénateurs. Un vote solennel sur l’ensemble du texte est prévu le 9 juin.
Ce texte, qui contient aussi d’autres mesures comme la création d’un nouveau régime d’exception en cas de menace « grave et actuelle », ne présente toutefois qu’une trajectoire indicative , car les investissements réels pour les armées doivent être votés chaque année dans le projet de loi de finances.
