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electionsvia BFM TV··6 min de lecture

Meeting de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis: Bally Bagayoko, la nouvelle star prête à faire de l'ombre au leader insoumis?

Personnalités citées :Jean-Luc MélenchonBally BagayokoEmmanuel MacronLaurent NuñezJordan BardellaMarine Tondelier
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Le contexte

Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, se prépare pour sa quatrième campagne présidentielle en 2027. Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, a récemment fait parler de lui en battant un socialiste aux élections municipales et en devenant le premier maire noir de la ville. Son ascension rapide dans le paysage politique français attire l'attention sur son potentiel concurrentiel face à Mélenchon.

Ce qu'il faut retenir

Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, se joint à Jean-Luc Mélenchon pour le lancement de sa campagne présidentielle. Il a récemment attiré l'attention en retournant le portrait d'Emmanuel Macron dans son bureau, ce qui a suscité une réaction du préfet. Bagayoko a également organisé une marche contre le racisme après avoir été victime d'attaques racistes. Malgré un arrêté municipal sur les expulsions locatives retoqué par la justice, il est désormais à égalité avec Mélenchon dans les sondages.

Ce que ça change

L'émergence de Bally Bagayoko comme figure politique pourrait redéfinir les dynamiques au sein de La France insoumise, surtout si son ascension continue. Son positionnement sur des questions de racisme et de logement pourrait influencer le discours politique en vue des élections de 2027, tout en posant un défi à la domination de Mélenchon au sein du mouvement.

L'article complet

Source originale sur bfmtv.com

Bally Bagayoko à Paris le 1er mai 2026 - IVAN COUTURIER / HANS LUCAS / HANS LUCAS VIA AFP

La vedette sera-t-elle Jean-Luc Mélenchon ou Bally Bagayoko? Le fondateur de La France insoumise sera ce dimanche 7 juin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) pour lancer officiellement son entrée dans la campagne présidentielle . La quatrième depuis 2012. De quoi faire dire à certains que la curiosité de la journée sera plutôt de voir sur scène le nouveau maire de la seconde plus grande ville d'Île-de-France, et la plus grande dirigée par un insoumis dans tout l'Hexagone : Bally Bagayoko.

En même pas cent jours depuis son arrivée à l'Hôtel de ville, celui qui a été longtemps simple conseiller municipal de Saint-Denis, a passé le mur du son médiatique. Très loin de son prédécesseur socialiste, le discret Mathieu Hanotin, qu'il a fait tomber à la surprise générale dès le premier tour .

Il faut dire que les premiers pas de Bally Bagayoko, 52 ans au compteur, ont eu de quoi satisfaire LFI. Premier maire noir de Saint-Denis, il a réussi à battre le socialiste Karim Bouamrane, le maire de Saint-Ouen et ennemi juré de Jean-Luc Mélenchon , en devenant également le président de Plaine commune.

C'est la toute première fois qu'un insoumis est à la tête d'une des premières intercommunalités de la région parisienne - un pas de géant pour le mouvement qui n'avait jamais fait, jusqu'ici, de leur ancrage territorial une priorité .

Cet ancien cadre de la RATP , père de quatre enfants, au ton toujours posé, maîtrise également l'art de faire parler de lui. Exemple avec le portrait d'Emmanuel Macron: quelques jours après son arrivée dans les murs de la mairie, des journalistes avaient pu constater que la photo du chef de l'État, décrochée du mur, était retournée dans un coin de son nouveau bureau .

De quoi pousser le préfet de Seine-Saint-Denis à se fendre d'un courrier adressé à l'édile. "L'accrochage du portrait du président de la République dans les mairies, s'il ne relève d'aucune obligation légale, est un usage consacré par la tradition républicaine", peut-on lire dans la lettre publiée sur X. Et d'inviter le maire à "reconsidérer sa position" et à "veiller au respect de la tradition républicaine".

Mais, sans obligation légale, pas question de faire marche arrière. "Cette lettre n'a pas lieu d'être, le préfet le confirme lui-même: notre démarche s’inscrit dans une parfaite légalité et nous l’assumons pleinement", explique dans la foulée sur BFMTV Bally Bagoyoko.

Difficile de le contredire tant le geste a plu aux insoumis, s'empressant dans la foulée de retweeter en masse sa volonté de continuer à garder le portrait d'Emmanuel Macron retourné.

Plus largement, Bally Bagayoko incarne "la nouvelle France" que prône Jean-Luc Mélenchon, bien décidé à en faire un concept central pour sa campagne en 2027. L'homme qui n'a jamais enfilé les gants de boxe mais a longtemps joué au basket comme semi-professionnel, bien aidé par son mètre 90, n'a également pas peur de rendre les coups.

Victime d'attaques racistes - fin mars, des liens avaient été faits sur le plateau sur CNews entre "la famille des grands singes" et Bally Bagayoko, le comparant à également une "tribu primitive", le maire n'a pas hésité à répondre.

En guise de riposte, en plus du dépôt d'une plainte , l'édile a organisé une marche contre le racisme le 4 avril, avec un certain succès. Des milliers de personnes ont répondu présentes, y compris des élus avec qui les relations sont tendues, à l'instar de l'écologiste Marine Tondelier et une poignée de socialistes.

Mais nulle trace du gouvernement. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, a bien évoqué des propos ignobles et "absolument inacceptables" , mais aucun ministre n'a fait lui-même le déplacement.

Emmanuel Macron a bien eu quelques mots, "tardifs" dixit Bally Bagoyoko à son endroit à l'occasion d'une visite dans sa ville. Les deux hommes se sont d'ailleurs contentés de quelques mots et d'une poignée de main. Pas question pour le chef de l'État, son Premier ministre ou des membres de l'équipe ministérielle de participer à un second rassemblement contre le racisme le 3 mai, dans la capitale.

Le maire n'hésite pas non plus à attaquer le président du RN Jordan Bardella, potentiel candidat à la présidentielle si Marine Le Pen était empêchée suite à une condamnation en seconde instance par la justice en juillet.

De quoi piquer au vif Jordan Bardella, qui insiste régulièrement sur ses origines populaires. "Le maire de Saint-Denis fait la tournée des plateaux depuis un mois pour dénoncer le racisme, mais il est le premier à promouvoir l'exclusion et l'intolérance", s'est agacé le président du RN sur X.

"Je ne sais pas si Jordan Bardella s'en rend compte, mais il lui a fait une sacrée pub en lui répondant. Quand vous êtes presque candidat à la présidentielle et que vous répondez à quelqu'un sur les réseaux, vous le crédibilisez", observe un élu socialiste de Seine-Saint-Denis.

Mais parfois, les coups d'éclat ne prennent pas. Le 1er avril dernier, le jour de la fin de la trêve hivernale - le dispositif qui suspend du 1er novembre au 31 mars toutes les expulsions locatives - le maire prend un arrêté municipal pour suspendre les expulsions . La mesure est symbolique dans une ville particulièrement concernée par le mal-logement et le sans-abrisme.

Mais il est rapidement retoqué par le tribunal administratif de Seine-Saint-Denis. Sans surprise, cependant: toutes les villes qui s'y sont déjà essayées avaient été bloquées par la justice.

La manœuvre ne lui a pas porté préjudice. En à peine trois mois d'existence médiatique, celui qui faisait encore du porte-à-porte un bonnet vissé sur la tête à l'hiver dernier, peut désormais se targuer de faire jeu égal avec Jean-Luc Mélenchon dans les sondages.

Le dernier baromètre d'Odoxa pour Public Sénat le place par exemple à la 20e place des personnalités publiques qui suscite le plus d'adhésion, avec 14% d'opinions favorables dans la population. Un score qui le place à égalité avec le fondateur de LFI.

De quoi peut-être faire grincer quelques dents en interne dans un parti où la figure tutélaire du fondateur reste l'alpha et l'oméga du mouvement? Il faut dire que Bally Bagayoko a une existence politique antérieure à son arrivée à LFI - un parcours rare au sein du mouvement, où la plupart des élus identifiés ont fait toute leur carrière chez les insoumis.

Le quadragénaire a en effet été proche des communistes avant de rejoindre les insoumis en 2017. Et comme pour rappeler qu'il ne doit rien à Jean-Luc Mélenchon, le maire de Saint-Denis s'est permis de rappeler dans les colonnes du Monde qu"il n'était "pas de la génération de Jean-Luc Mélenchon".

Faut-il comprendre dans ces quelques phrases qu'il est prêt à tracer sa route, seul? Certains, en tout cas, lui imaginent déjà un destin national, voire présidentiel. Lui-même n'a pas vraiment fermé la porte tout en veillant à y mettre les formes.

"Ce débat, il viendra après la victoire" de Jean-Luc Mélenchon en 2027, a balayé l'élu sur France info le 30 mai dernier.

"Ce qui est sûr, c'est qu'il ne va pas rester la créature de LFI et qu'il n'est pas là pour faire de la figuration", tranche de son côté un élu communiste du département.

Bally Bagayoko pourra en tout cas se targuer d'avoir déjà changé de monde. Ce dimanche, il sera sur scène aux côtés d'Annie Ernaux, prix Nobel de littérature.

Texte extrait depuis l'article original sur bfmtv.com. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur bfmtv.com.

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