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justicevia Le HuffPost··3 min de lecture

Mort de Lyhanna : « Son histoire a résonné en moi », confie celle qui a dessiné le portrait la collégienne

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Le contexte

Le meurtre de Lyhanna a suscité une vague d'émotion et de manifestations à travers la France, mettant en lumière les dysfonctionnements de la justice concernant la protection des mineurs. Le principal suspect, Jérôme Barella, avait un passé criminel lié à des agressions sur mineures, soulevant des questions sur l'efficacité du système judiciaire.

Ce qu'il faut retenir

Agathe Sorlet, illustratrice, a dessiné le portrait de Lyhanna, dont le meurtre a provoqué des manifestations en France. Elle partage son expérience personnelle de violences subies dans son enfance et critique le manque d'action de l'État pour protéger les enfants et les femmes. Sorlet appelle à un changement dans la justice et la société concernant la pédocriminalité.

Ce que ça change

Cet événement met en lumière les lacunes du système judiciaire français en matière de protection des mineurs et appelle à une prise de conscience collective sur les violences faites aux enfants. Les déclarations d'Agathe Sorlet pourraient inciter à une réflexion sur les réformes nécessaires pour améliorer la sécurité des victimes et la réponse judiciaire.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

« J’ai fait cela sous le coup de l’émotion, d’un seul trait. » . Le dessin d’Agathe Sorlet était omniprésent dans les manifestations organisées aux quatre coins de France pour dénoncer les dysfonctionnements de la justice qui ont conduit au meurtre de Lyhanna . L’illustratrice est « extrêmement touchée » de voir reproduit, sur de nombreuses pancartes, le portrait de la collégienne qu’elle a publié il y a quelques jours sur son compte Instagram, aux côtés d’autres jeunes victimes de criminels, à l’instar d’Estelle Mouzin et de Maëlys de Araujo .

« L’histoire de Lyhanna a résonné pour moi en tant que maman et encore plus en raison de mon histoire personnelle » , confie Agathe Sorlet au HuffPost . Le corps de la collégienne a été retrouvé vendredi 5 juin dans le silo d’un site agricole désaffecté du Gers. Le principal suspect du meurtre, Jérôme Barella, avait fait l’objet de plusieurs plaintes pour des faits de viols sur des mineures . Dans le cas de Lyhanna, les conclusions des médecins légistes sur d’éventuelles violences sexuelles ne sont pas encore connues.

Pour Agathe Sorlet, les similitudes avec son parcours sont frappantes. « Dans mon histoire également, l’État et la justice n’ont pas fait leur travail lorsque, il y a 30 ans, ma mère a porté plainte contre mon père pour des viols et violences sur ma sœur et moi, raconte-t-elle . Après deux ans en famille d’accueil, ma parole a été discréditée par les autorités qui ont décidé de me replacer chez mon père. »

La jeune mère estime que son destin aurait pu être tout aussi tragique que celui de Lyhanna « ou d’autres victimes médiatiques ou anonymes » . « Mais heureusement, j’ai la chance de pouvoir en parler aujourd’hui et de dénoncer les violences faites aux enfants. C’est une goutte d’eau, mais c’est mieux que rien. »

Voir son illustration reprise sur des pancartes « fait sens » pour la trentenaire. « Quand j’étais petite, que j’étais frappée et agressée sexuellement par mon père, le dessin était mon refuge. » Aujourd’hui, Agathe Sorlet repense avec émotion « à cette petite fille qui a trouvé la force de s’en sortir et utilise aujourd’hui ses armes, les crayons, pour faire entendre la voix des enfants » .

Pour elle, trop peu de choses ont changé au cours des dernières années dans la protection des personnes vulnérables face aux violences de toute nature. « L’État ne fait rien pour protéger les femmes ou les enfants » , dénonce celle qui a participé au rassemblement organisé à Bordeaux lundi 8 juin au soir. « Quand il y a une plainte, on sait qu’il y a très peu de chances qu’il se passe quelque chose, et les suspects courent dans la nature tranquillement » , enrage-t-elle.

Plus largement, elle dénonce un climat de bienveillance généralisé vis-à-vis de la pédocriminalité en France. « C’est tout à fait normalisé et accepté au sein de la société. Les lignes doivent bouger au sein de la justice, mais il faut aussi qu’on se regarde à l’intérieur des familles… Il faut un #MeToo au sein des familles » , ajoute l’illustratrice, qui a conçu un livre destiné aux enfants de 3 à 6 ans pour parler « de leur corps et du consentement » . Un ouvrage qu’elle espère voir éditer prochainement.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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