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securitevia Sud Ouest··2 min de lecture

« Nous n’y sommes pas » : le chef d’état-major des armées alerte sur l’industrie militaire française

Personnalités citées :Fabien MandonSébastien Lecornu
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Le contexte

L'industrie militaire française fait face à des défis importants, notamment en matière de production et d'investissement. Le chef d'état-major des armées, Fabien Mandon, s'exprime sur la nécessité d'améliorer la situation actuelle pour éviter un décrochage par rapport à d'autres pays européens, notamment l'Allemagne. Ce débat intervient dans le cadre des négociations pour la loi du programme militaire 2024-2030.

Ce qu'il faut retenir

Fabien Mandon, chef d'état-major des armées, a alerté sur l'état de l'industrie militaire française lors d'une audition au Sénat. Il a souligné que sans investissements significatifs, l'Allemagne pourrait surpasser la France militairement dans les cinq prochaines années. Mandon a précisé que la France consacre moins de 2,5 % de son PIB à la défense, alors qu'un budget de 100 milliards d'euros par an est nécessaire. Il a également évoqué des problèmes de production rapide et à bas coût dans l'industrie militaire française.

Ce que ça change

Les avertissements de Fabien Mandon soulignent l'urgence d'une réforme et d'un investissement accru dans l'industrie militaire française. Si la situation ne s'améliore pas, la France risque de perdre son statut de référence militaire en Europe au profit de l'Allemagne, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la sécurité nationale et la position de la France au sein de l'OTAN.

L'article complet

Source originale sur sudouest.fr

Interrogé mi-mai lors de la commission des finances au Sénat, Fabien Mandon, alerte sur l’industrie militaire française. Il juge que sans investissement important, « l’Allemagne pourrait dépasser la France dans les cinq prochaines années » du point de vue militaire

Le chef d’état-major prend peu la parole publiquement, mais son avis compte beaucoup aux yeux du gouvernement. Lors de l’audition pour la commission des finances au Sénat le 13 mai, Fabien Mandon a pris la parole pour alerter sur la santé du secteur militaire en France , dans un compte rendu publié le 3 juin.

En pleine négociation pour la loi du programme militaire 2024-2030, le chef d’état-major ne ménage pas ces mots : « Nous n’y sommes pas. Le décrochage est possible, nous ne sommes pas dans le bon modèle ».

« Vous m’avez interrogé sur le risque de décrochage par rapport à nos alliés. Aujourd’hui, notre continent connaît la guerre et nous savons que la Russie est capable de s’aventurer au-delà de l’Ukraine. La présence américaine, par ailleurs, se réduit. Nous devons donc être plus forts collectivement. Nous travaillons donc pour développer ces capacités aujourd’hui détenues par les Américains », détaille le militaire.

« Il est fondamental que nos concitoyens comprennent pourquoi de tels efforts leur sont demandés et comment ce budget est employé. Vous me demandez si l’armée française doit combler ses manques ou renforcer ses effectifs pour répondre aux défis. Le Premier ministre, alors ministre des Armées, avait utilisé l’image du poids de forme, en évoquant un budget de l’ordre de 100 milliards d’euros par an. Nous n’y sommes pas : nous consacrons moins de 2,5 % de notre PIB à la défense. Mais c’est ce vers quoi nous tendons », précise Fabien Mandon aux sénateurs.

D’après le chef d’état-major, le problème ne vient pas de la qualité des armes militaires mais plutôt dans la quantité produite, « nos entreprises savent faire des choses remarquables, de très haute technologie, mais ne savent pas produire vite et low-cost. Or c’est ce dont nous avons besoin à présent, tout en conservant des domaines de très haute technologie. Nous ne sommes pas dans le bon modèle. »

Et en cas de conflit selon lui, « les armées tiendront le premier choc, le temps que les deux moteurs, ressources humaines et industrie, se mettent en marche sur un mode de guerre », précise l’expert militaire. Mais « En matière industrielle, nous n’y sommes pas ».

Si la France n’investit pas suffisamment militairement, l’Allemagne pourrait devenir la référence militaire européenne dans les prochaines années alerte le chef d’état-major français, « si l’Allemagne continue à ce rythme, dans cinq ans, l’argument selon lequel nous bénéficions d’une expérience opérationnelle et d’une certaine culture ne tiendra plus. Pour les Américains, la référence européenne devient peu à peu l’Allemagne. Les Allemands prévoient de dépenser trois fois plus que la France chaque année. Au bout de cinq ans, le différentiel sera frappant ! »

Ces propos interviennent alors que le 3 juin, un vote au Sénat a permis la suppression d’une rallonge budgétaire allouée aux armées d’ici 2030 . Le Premier ministre Sébastien Lecornu appelle à « trouver une solution ».

Texte extrait depuis l'article original sur sudouest.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur sudouest.fr.

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