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justicevia Le HuffPost··3 min de lecture

« Nous ne voulons plus de mesurette » : après le meurtre de Lyhanna, des milliers de personnes manifestent partout en France

Personnalités citées :Emmanuel MacronYaël Braun-PivetSébastien LecornuCaroline DarianFlavie FlamentSara ForestierAnne-Cécile Mailfert
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Le contexte

Le meurtre de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, a suscité une forte émotion en France et a mis en lumière des défaillances dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles. Les manifestations qui ont suivi visent à dénoncer ces manquements et à appeler à une réforme législative significative.

Ce qu'il faut retenir

Des milliers de personnes ont manifesté dans plus de 180 villes en France pour rendre hommage à Lyhanna et dénoncer les défaillances du système judiciaire face aux violences sexuelles. Les participants ont exprimé leur colère et leur exigence d'une réponse politique d'ampleur. Les organisateurs réclament l'adoption d'une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, qui n'a pas encore été examinée par le Parlement. L'exécutif a commencé à réagir en inscrivant cette proposition à l'ordre du jour et en réunissant des ministres pour discuter de nouvelles mesures.

Ce que ça change

Ces manifestations pourraient entraîner une pression accrue sur le gouvernement pour qu'il adopte des mesures concrètes contre les violences sexuelles et pour la protection de l'enfance. L'inscription de la proposition de loi à l'ordre du jour du Parlement pourrait également marquer un tournant dans la législation sur ces questions, répondant ainsi aux attentes des associations et des citoyens.

L'article complet

Source originale sur huffingtonpost.fr

L’émotion ne retombe pas après le meurtre de Lyhanna . Quatre jours après la découverte du corps de la collégienne de 11 ans dans le Gers, des milliers de personnes se sont rassemblées ce lundi 8 juin dans plus de 180 villes afin de lui rendre hommage, mais aussi de dénoncer les défaillances révélées par l’affaire et réclamer une réponse politique d’ampleur face aux violences sexuelles.

À Paris, la mobilisation a réuni 1 700 personnes place Louis-Lépine et 1 200 autres devant le ministère de la Justice, place Vendôme, selon la préfecture de police. D’autres rassemblements ont eu lieu à Marseille, Grenoble, Lille, Auch, Nevers ou encore Lyon, et partout les participants ont affiché la même colère et le même sentiment d’urgence.

Ces manifestations avaient été lancées par la Coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale, qui milite depuis plusieurs mois pour l’adoption d’un texte global contre les violences sexistes et sexuelles. Pour les associations, les révélations sur les plaintes visant le principal suspect dans le meurtre de Lyhanna et les procédures qui n’ont pas abouti ont transformé ce drame en symbole d’un problème plus vaste.

Sur les pancartes brandies dans les cortèges, les slogans visaient autant à rendre hommage à l’adolescente qu’à interpeller les pouvoirs publics. À Grenoble, un enfant tenait ainsi une affiche proclamant : « Je suis en colère ! Protégez-nous ! » .

À Paris, plusieurs personnalités engagées dans la lutte contre les violences sexuelles avaient fait le déplacement. Caroline Darian, fille de Gisèle Pelicot et fondatrice de l’association M’endors pas , a quant à elle dénoncé une situation qu’elle juge insupportable. « On savait que l’agresseur de Lyhanna avait sept plaintes. Les commissariats savaient, les parquets savaient, et rien n’a été fait. Cet individu n’a même pas été interrogé, n’a même pas été inquiété par la justice. [...] Malheureusement, Lyhanna, c’est une injustice de plus » .

Même tonalité chez Flavie Flament, présente place Vendôme. L’animatrice a dit espérer que ce crime permettra enfin à la justice de « se mettre en ordre de marche » , tout en estimant que l’ensemble de la société devait entendre le message porté par les manifestants.

À Lyon, l’actrice et réalisatrice Sara Forestier a elle aussi défendu l’idée d’une réforme globale. Elle a dénoncé le manque de moyens consacrés à la lutte contre la pédocriminalité et estimé que l’affaire Lyhanna avait mis en lumière des défaillances déjà dénoncées depuis des années. « Le gouvernement arrive toujours après la guerre, alors qu’on attend de lui qu’il fasse la guerre à la pédocriminalité », s’est-elle indignée sur BFMTV . « On a besoin de beaucoup plus de moyens, quoi qu’en dise Emmanuel Macron. Cent personnes en France pour traquer les pédocriminels, ce n’est pas assez. »

Au cœur des rassemblements, une revendication revenait avec insistance : sortir de l’accumulation de mesures ponctuelles pour adopter une stratégie d’ensemble contre les violences sexuelles.

« Nous ne voulons plus de mesurette, de rustine. C’est d’un chantier d’ampleur dont nous avons besoin » , a résumé Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des Femmes. Une formule devenue l’un des mots d’ordre de la soirée.

Les organisateurs défendent une proposition de loi dite « intégrale » . Le texte prévoit une série de mesures touchant à la justice, à la protection de l’enfance, à l’éducation ou encore à l’accompagnement des victimes. Jusqu’à présent, cette proposition n’a jamais été examinée par les parlementaires malgré le soutien de plus d’une centaine de députés.

Face à la pression grandissante, l’exécutif a commencé à bouger. La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet , a demandé que cette proposition de loi soit inscrite à l’ordre du jour du Parlement. Dans la soirée de ce lundi, Matignon a également annoncé que Sébastien Lecornu réunirait plusieurs ministres dès mardi 9 juin afin d’étudier de nouvelles mesures sur la protection de l’enfance et d’accélérer l’examen du texte réclamé par les associations.

Texte extrait depuis l'article original sur huffingtonpost.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur huffingtonpost.fr.

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