Karim Bouamrane se rêve en recours de la social-démocratie anti-Mélenchon pour 2027. La candidature du maire de Saint-Ouen, annoncée mardi 9 juin, s’ajoute à celles déjà déclarées dans un espace politique embouteillé et sans procédure de sélection.
À un an de l’élection présidentielle, les sociaux-démocrates n’ont toujours pas de processus de départage mais des candidats, ils en ont. Karim Bouamrane s’est lancé, sur France Inter mardi 9 juin, dans la course à l’Élysée : « Je suis candidat parce que depuis que je suis en responsabilité, j’ai pris conscience de notre force. J’ai pris conscience que nous étions majoritaires. Majoritaires à vouloir une France forte, une France humaine, une France qui protège, une France qui sécurise, une France qui donne la possibilité à chacune et chacun de pouvoir se soigner, se loger et surtout pouvoir bénéficier d’une éducation de qualité. »
Réélu en mars, le maire de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) rejoint donc le député Jérôme Guedj et l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve parmi les personnalités de l’espace social-démocrate déjà déclarées. François Hollande dit lui s’y préparer, de même que Raphaël Glucksmann qui tiendra un meeting ce samedi se donne encore « trois mois » . Le premier secrétaire Olivier Faure, partisan d’une double primaire, et Boris Vallaud, président du groupe à l’Assemblée, envisagent eux aussi une candidature. Tout comme Ségolène Royal.
« Est-ce que vous avez des candidatures à gauche qui expriment une détermination ? On s’échauffe, on parle de la primaire, de la primaire, de la primaire », a raillé Karim Bouamrane qui pense pouvoir incarner « la candidature qui fédère » mais sans rassembler aujourd’hui la famille socialiste. Il évacue aussi une participation à la primaire : « Au marché, on ne me parle pas de primaire, on me parle de place en crèche, de sécurité et de protéger nos enfants. »
Dans un exercice inédit de banalisation de l’extrême droite, l’édile audonien de 53 ans affirme vouloir éviter le « dilemme » d’un second tour entre LFI et le RN qu’il « renvoie dos à dos ». Deux offres politiques qui, selon lui, « consistent à nous monter les uns contre les autres » . Là où il assure vouloir faire « péter la reproduction systématique des inégalités sociales ».
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Ancré à l’aile droite du PS où il ne compte pour l’heure aucun appui solide déclaré, il avait soutenu du bout des lèvres, en 2024, le Nouveau Front populaire , coalition rassemblant les insoumis, les socialistes, les communistes et les écologistes. Avant de s’en détacher rapidement alors qu’il lorgnait Matignon après le refus d’Emmanuel Macron de nommer Lucie Castets première ministre.
Depuis le meeting de lancement de sa boutique unipersonnelle « La France humaine et force » à l’automne 2024, Karim Bouamrane avait appelé la « gauche du réel » à « assumer (le) leadership » pour « sortir de la tenaille d’une radicalité qui divise ». Il s’était fait encore plus vocal après les dernières municipales en dénonçant les quelques accords entre le PS et LFI au deuxième tour. Il avait alors appelé Olivier Faure à la démission.
Depuis sa réélection à Saint-Ouen, c’est contre l’enseigne de restauration rapide Master Poulet que Karim Bouamrane est entré en confrontation au nom de la lutte contre la malbouffe. Une opposition gonflée à la sur-mise en scène de lui-même qui a donné au maire de Saint-Ouen une résonance nationale aussitôt revenue en boomerang.
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Présidentielle 2027 : le socialiste Karim Bouamrane se lance dans la course à l’Élysée en renvoyant LFI et RN dos à dos
