Yannick Jadot à Paris le 2 décembre 2023 - JULIEN DE ROSA / AFP
Le conseil fédéral des Écologistes a adopté ce week-end un texte visant à pouvoir exclure tout adhérent se présentant contre un candidat investi par le parti, ou soutenant un autre candidat que celui du parti, une disposition qui menace notamment Yannick Jadot .
À un an de la présidentielle, alors que la patronne des Ecologistes Marine Tondelier est candidate à la présidentielle via une primaire de la gauche, l'ex-candidat à l'Elysée Yannick Jadot refuse cette primaire et ne cache pas sa proximité avec le leader de Place publique, Raphaël Glucksmann , potentiel candidat pour 2027.
Le sénateur de Paris s'est d'ailleurs rendu au premier meeting de l'eurodéputé samedi 13 juin, malgré un message de la direction des Ecologistes l'alertant sur "le problème que pose cette participation", qui ouvre "la porte en grand à toutes les dissidences".
Selon les résultats communiqués par le parti, le conseil fédéral a adopté par 69,6% des voix cette motion, qui prévoit une "exclusion définitive" pour la personne qui serait candidat contre le candidat investi par le parti. Cela signifie, selon le règlement du parti, que la personne exclue ne pourrait demander à réadhérer qu'au bout de trois ans, après validation au niveau national.
Le texte prévoit également que soit considéré comme "un manquement grave" le fait de soutenir une candidature dissidente. La sanction, fixée par le conseil disciplinaire, peut aller jusqu'à une exclusion "définitive".
Dimanche sur Radio J, Yannick Jadot a estimé que les Écologistes ne pourront pas "échapper" à une "clarification" de leur positionnement vis-à-vis du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle, et a plaidé pour une candidature de "vote utile" à gauche au premier tour, et qui "pourra bénéficier du vote républicain des centristes" au second.
La direction n'était pas à l'initiative de cette motion, qui fait suite aux élections municipales, où de nombreux écologistes ont fait dissidence. Mais elle l'a défendue auprès de l'AFP: "On souhaite que les décisions prises démocratiquement par le mouvement soient respectées. Un parti n'est pas une caserne, mais pas un self-service non plus".
Les opposants à Marine Tondelier ont dénoncé de leur côté un texte "fait pour exclure Yannick Jadot et Sandrine Rousseau" et visant à "épurer" le parti.
