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Invité ce dimanche du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat », le quasi-candidat à l’Élysée réfute toute « aventure personnelle », et espère « rassembler la gauche démocrate et républicaine ».
Trois mois. C’est le délai que s’est fixé Raphaël Glucksmann, en début de semaine, pour déterminer, en fonction de sa capacité à unifier la gauche sociale-démocrate et à en porter les couleurs, s’il se présentera ou non à la présidentielle de 2027 . Un calendrier que l’eurodéputé Place publique a confirmé dimanche lors du « Grand Jury RTL-Le Figaro-M6-Public Sénat », refusant d’être « un candidat de plus dans un espace politique qui en compte déjà trop » . Loin de se lancer dans une « aventure personnelle » , l’essayiste dit, à ce stade, s’employer à « rassembler les dirigeants de la gauche démocrate et républicaine » . Signe de cette abnégation, il assure « envisager toutes les hypothèses » , y compris celle de renoncer à ses ambitions d’ici à la rentrée faute d’être « la bonne personne » pour faire triompher son camp.
Et pour cause : étranger à l’ « obsession de la candidature » , largement répandue en France selon lui, le quadragénaire oppose à celle-ci l’ « obsession de l’exercice des responsabilités » . Un cap qui le conduira, dans les prochaines semaines, aux quatre coins du pays. « On va dialoguer avec les Français, créer une équipe et montrer d’emblée qu’on aura un gouvernement crédible avec des hommes et des femmes prêts à prendre les manettes » , développe-t-il. Reste que, après avoir publié la semaine dernière Nous avons encore envie (Allary Éditions), aux allures de manifeste présidentiel, et à l’approche d’un grand meeting le 13 juin prochain à Aubervilliers, l’élu européen pose ses jalons. Au point d’endosser progressivement le costume de candidat, mû par une « responsabilité particulière » au sein de la gauche réformiste.
« Les Français ne veulent pas les mêmes dirigeants, les mêmes politiques que depuis dix ans ».
Une stratégie que Raphaël Glucksmann construit autour de son résultat aux européennes de 2024 - 13,83 % -, qui fait de lui le seul, dans sa famille politique, à avoir réalisé « un score à deux chiffres à une élection nationale depuis plus dix ans » . Mais également autour de son opposition aux prétendants à la succession d’Emmanuel Macron, qu’il juge engagés dans « une course de petits chevaux » . « Nous pouvons faire plus et mieux » , martèle-t-il, persuadé que les Français, animés par « une volonté de changement » , ne voteront pas pour les deux anciens premiers ministres et candidats déclarés, Gabriel Attal ou Édouard Philippe , afin de faire « barrage » au Rassemblement national (RN). « Ils ne veulent pas des mêmes dirigeants ni des mêmes politiques » mises en œuvre « depuis plus de dix ans » , tacle-t-il.
Sur quels critères, alors, le social-démocrate décidera-t-il de se lancer dans la course ? Si l’avenir professionnel de sa compagne, Léa Salamé , à la tête du « 20 heures » de France 2, entre en ligne de compte dans sa réflexion personnelle, Raphaël Glucksmann s’engage à prendre sa décision au terme d’un « consensus avec ses partenaires » . Sans faire abstraction des intentions de vote. « On ne va pas se mentir : tous les politiques qui expliquent ne pas regarder les sondages mentent » , raille l’eurodéputé, estimé entre 9 et 12 % dans la dernière vague de l’Ifop-Fiducial réalisée pour Le Figaro, LCI et Sud Radio . Juste devant l’ancien président François Hollande , testé entre 8 et 11 %, mais encore relégué derrière Jean-Luc Mélenchon, crédité de 12,5 à 15 %, et porté par une dynamique depuis l’annonce de sa candidature.
Peu importent les tendances, Raphaël Glucksmann refuse de s’avouer battu. Entre l’Insoumis et le tandem à la tête du RN - Jordan Bardella et Marine Le Pen -, l’eurodéputé veut non seulement montrer qu’ « il n’y a pas rien » , mais qu’ « il y a même l’essentiel : la République, cette quête de solidarité sociale, de transformation écologique, d’Europe » . Une ligne qu’il tient pour majoritaire à gauche, aux antipodes de celle qui « crie le plus fort » , celle avec laquelle il se considère « irréconciliable » , dans une formule popularisée il y a plus de dix ans par l’ancien premier ministre Manuel Valls . « Les électeurs ne veulent pas de la brutalisation permanente de Jean-Luc Mélenchon » , fait-il savoir, décrivant son adversaire comme le « meilleur agent électoral du RN », au vu des projections de second tour où l’Insoumis est systématiquement donné perdant face à la droite nationaliste.
De quoi nourrir chez Raphaël Glucksmann l’espoir de battre à « plate couture » l’ex-député de Marseille dès le premier tour, en rééditant l’exploit des européennes, lorsqu’il avait devancé de quatre points la liste LFI. « Plus on se rapprochera de l’élection, plus il y aura une prise de conscience chez les électeurs » en sa faveur, espère-t-il. Encore faut-il que la gauche non insoumise s’unisse autour de sa démarche. Or, entre les candidatures déclarées de François Ruffin et Marine Tondelier et celle, attendue, de François Hollande, celle-ci reste éparpillée. Pas de quoi toutefois inquiéter l’eurodéputé, convaincu qu’à l’aune du « risque d’une bascule de la France dans le camp des poutinistes et des trumpistes » , la personne « la mieux placée » de son camp ne saurait être empêchée par « gloriole personnelle » .
