Le candidat de La France insoumise (LFI) à l'élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, a appelé dimanche 7 juin à concrétiser la possibilité d'un « grand changement », lors de son premier grand meeting de campagne à Saint-Denis, aux portes de Paris, ville remportée par son camp aux élections municipales de mars.
Le leader insoumis de 74 ans s'est adressé à plusieurs milliers de personnes (26 000, selon les organisateurs) réunies devant la basilique de Saint-Denis aux côtés du maire de la ville, Bally Bagayoko. « La première force politique de la gauche et du changement, la voici ! », a-t-il déclaré. « Un grand changement est à portée de main », a ajouté, demandant à chacun des sympathisants de LFI de faire changer d'avis à trois personnes et de les amener à voter pour son mouvement.
« Peuple de France , depuis Saint-Denis, tout est à notre portée », a lancé le candidat à l'élection présidentielle , plaidant pêle-mêle pour « une sixième République », une « autonomie étendue » de la Corse, l'indépendance de la « Calédonie Kanaky » ou encore « la nationalisation d'ArcelorMittal ». Sur le plan international, Jean-Luc Mélenchon a également proposé une pétition européenne « pour exiger la fin de l'accord commercial avec Israël » et défendu l'idée de reconnaître l'esclavage comme étant un « crime contre l'humanité ».
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Faisant valoir qu'il n'a obtenu que 420 000 voix de moins que la candidate du Rassemblement national Marine Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle de 2022, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « Chaque voix compte dès le premier tour (...) Le deuxième tour, ceux qui n'ont aucune chance d'y accéder devraient se garder de nous empêcher d'essayer de le gagner », a prévenu le candidat LFI, à l'attention du reste de la gauche.
Jean-Luc Mélenchon a en outre attaqué le Rassemblement national, accusant ce parti de promouvoir un « suprémacisme » visant à diviser les peuples « en ethnie et en religion ». « Dans ce chaos naissant, un nouveau projet politique germe, dans les guerres du Moyen-Orient et du trumpisme : voici ce qu'il faut appeler le suprémacisme, c'est-à-dire une volonté de hiérarchisation humaine pour dominer les peuples en les divisant en ethnie et en religion (...). En France, le suprémacisme est porté par le RN », a estimé le candidat LFI à la présidentielle.
Face au concept de « Nouvelle France » décliné par Jean-Luc Mélenchon, « on a vu s'enflammer les obsédés de la race, qui, projetant sur nous leurs névroses communautaristes, se sont emportés à nous montrer du doigt », a-t-il regretté. « Ainsi M. Bardella, bon trumpiste, veut même supprimer le droit du sol de naissance », a-t-il dit en évoquant le président du Rassemblement national. Ce serait un « crime anti-national », a dit Jean-Luc Mélenchon. « Né en France, Français ! »
« On ne veut pas l'oublier car nous en sommes tellement heureux, un Français sur trois est, selon la formule de Bally, un héritier de l'immigration », a-t-il dit, faisant référence au nouveau maire insoumis de Saint-Denis Bally Bagayoko qui s'était exprimé avant lui. « Nous ne renierons pas, mesdames et messieurs les fachos, les sacrifices et l'amour de nos grands-parents qui nous permettent d'être ici dans ce pays qu'ils ont tant contribué à bâtir », a-t-il repris. « On est chez nous ! », a-t-il lancé, une formule aussi scandée par la foule.
