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economievia Le Figaro — Économie··3 min de lecture

Qui est ChapsVision, cette société française qui va remplacer Palantir auprès de la DGSI ?

Par Tom Levy · Fondateur & directeur de la publication

Personnalités citées :Sébastien LecornuOlivier Dellenbach
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Le contexte

ChapsVision est une société française fondée en 2019 par Olivier Dellenbach, visant à devenir un acteur majeur dans le domaine de la data et de l'intelligence artificielle. La nécessité de créer une alternative européenne aux technologies américaines, notamment après les attentats de 2015, a renforcé l'importance de cette entreprise dans le secteur de la sécurité et du renseignement.

Ce qu'il faut retenir

ChapsVision a été choisie par la DGSI pour remplacer Palantir, un géant américain, dans le traitement des données. Le premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé cette décision, soulignant l'importance de la souveraineté technologique. La plateforme Argonos de ChapsVision a remporté plusieurs contrats avec la DGSI et d'autres ministères. La société a également réalisé plusieurs acquisitions pour renforcer ses capacités.

Ce que ça change

Le remplacement de Palantir par ChapsVision marque un tournant dans la stratégie de souveraineté numérique de la France. Cela pourrait renforcer la position de la France dans le domaine de la cyberintelligence et encourager d'autres initiatives similaires au sein de l'Union européenne. Les ministères français s'appuieront sur une technologie locale, ce qui pourrait avoir des implications sur la sécurité des données sensibles.

L'article complet

Source originale sur lefigaro.fr

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La société créée par Olivier Dellenbach veut devenir le champion européen de la data et de l’IA de confiance. Elle entend se poser en alternative technologique crédible face à des acteurs américains.

Tous les projecteurs sont braqués cette semaine vers ChapsVision. Après une entrée remarquée dans la nouvelle promotion du French Tech Next40 lundi, c’est le premier ministre Sébastien Lecornu qui a mis la société en avant en déclarant ce mardi que le renseignement intérieur français - la DGSI - avait décidé de rompre son contrat avec le géant américain de l’analyse de données Palantir, au profit de ChapsVision. Remplacer le géant américain est en quelque sorte l’objectif qui a donné sa raison d’être à l’entreprise.

Dès 2015, le choc des attentats en France impose dans le débat la nécessité de créer une alternative européenne pour aider les États à mieux se protéger. Avec sa puissante plateforme Gotham, la société américaine a réussi à imposer ses technologies et son savoir-faire auprès de nombreux services de renseignements occidentaux. Mais la haute sensibilité des données dans les domaines de la défense, du renseignement ou de la sécurité créé un grand risque, dont les États européens sont bien conscients.

C’est ainsi qu’Olivier Dellenbach, le fondateur de ChapsVision, tourne l’ambition de sa société technologique spécialisée dans le traitement de données, créée en 2019 : «d evenir un acteur majeur souverain de la cyberintelligence pour les entreprises et les acteurs régaliens », déclare-t-il dans une interview au Figaro en 2022 . Entrepreneur aguerri, Olivier Dellenbach a fait fortune en revendant sa précédente société e-Front pour un milliard de dollars au géant américain BlackRock en 2019. Sur fonds propres, il a fondé Chapsvision, qui développe en interne une plateforme logicielle sophistiquée capable d’analyser d’énormes masses de données pour en tirer de l’information riche et pertinente.

Pour gagner du temps de R&D sur certaines briques technologiques, étoffer son portefeuille de clients régaliens et surtout atteindre rapidement la taille critique nécessaire pour répondre aux appels d’offres publics - et notamment celui lancé par la DGSI -, ChapsVision va grandir rapidement à coups d’acquisitions : 27 en 5 ans. Parmi elles, Deveryware - spécialisé dans les technologies d’investigation), Elektron (le prestataire historique du ministère de la Justice pour les interceptions), Systran (un éditeur de traduction instantanée par IA prestataire du ministère des armées) ou Sinequa (un moteur de recherche intelligent pour les entreprises bien implanté aux États-Unis).

Sa plateforme Argonos, au cœur de l’enjeu du contrat avec la DGSI, est un système d’exploitation de la donnée. Tous ses clients, que ce soit dans le secteur public ou privé, font face au même besoin : organiser et exploiter une quantité massive de données hétérogènes (fichiers Excel, réseaux sociaux, vidéos, bases de données externes, etc...). Ce socle technique mélange indexation de données, qu’elles soient structurées ou non, outils de visualisation et utilisation de techniques capables d’interpréter des «signaux faibles».

En 2022, Argonos remporte le lot 1 du contrat de la DGSI, baptisé OTDH pour outil de traitement des données hétérogènes (sur la partie préparation des données), face aux grands groupes Thalès et Atos. Après une phase de test, sa plateforme Argonos vient de remporter la deuxième phase du projet (sur l’exploration de données via la modélisation, la sécurisation et la visualisation) pour remplacer pleinement le produit Gotham de Palantir à partir de 2028.

En décembre dernier, la DGSI avait indiqué qu’elle repartait sur un contrat de trois ans avec Palantir, le remplacement par la technologie d’un acteur européen n’étant pas encore prêt avant cette date. C’est cette migration que Sébastien Lecornu a actée avec son annonce mardi, sans en changer l’échéance. Au-delà de la DGSI, ChapsVision travaille avec plusieurs autres ministères de l’État (Armées, intérieur justice finances). À partir de 2028, c’est l’ensemble des ministères qui s’appuieront sur la plateforme Argonos.

ChapsVision vient de remporter aussi un contrat avec le service de renseignement intérieur allemand, le BfV. Il reste néanmoins très discret sur la nature du contrat, à la demande de son client. La société est aussi en lice auprès des services de l’armée allemande.

Texte extrait depuis l'article original sur lefigaro.fr. Civiqo agrège les flux RSS publics des grands médias FR sans copier ni stocker leurs contenus payants — chaque article reste hébergé chez son éditeur. Lire sur lefigaro.fr.

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