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À moins d’un an du scrutin, les professionnels craignent que la publication du calendrier scolaire 2027-2028 soit repoussée. Un flou qui menace déjà la programmation des séjours, des transports et des recrutements.
On demande aux hôteliers de remplir leurs chambres, aux stations de préparer leurs saisons, aux compagnies de transport d’ajuster leurs capacités et aux organisateurs d’événements de vendre leurs rendez-vous plus d’un an à l’avance. Mais sans leur indiquer précisément quand les Français pourront partir en vacances. Une légère contrariété administrative qui, pour l’industrie touristique, commence à ressembler à un sérieux problème économique.
Réunis à Font-Romeu pour leur séminaire annuel, les représentants de la Confédération des acteurs du tourisme (CAT) ont demandé au Gouvernement de publier « dans les meilleurs délais » le calendrier scolaire 2027-2028. Les 22 organisations membres de la confédération — parmi lesquelles l’UMIH, le GHR, le Groupement national des chaînes hôtelières, Les Entreprises du Voyage, la Fédération nationale de l’aviation et de ses métiers, Domaines skiables de France ou encore la Fédération nationale de l’hôtellerie de plein air — redoutent que la proximité de l’élection présidentielle ne repousse la décision au-delà du scrutin du printemps 2027.
Le calendrier actuellement publié s’arrête en effet à l’année scolaire 2026-2027. Autrement dit, les professionnels ne connaissent toujours pas les dates des vacances qui commenceront quelques semaines après l’élection. Or, dans le tourisme, l’année suivante se prépare rarement la veille pour le lendemain.
Circuits, séjours, congrès, salons professionnels, événements culturels ou sportifs : une partie de l’offre est conçue, contractualisée et commercialisée douze à dix-huit mois avant le départ. À cette programmation s’ajoutent les recrutements saisonniers, les investissements, les engagements avec les transporteurs et les négociations avec les clientèles internationales.
« Personne n’imaginerait demander à l’industrie aéronautique, à l’automobile ou à l’agriculture de travailler sans visibilité sur son calendrier de production », relève Jean-Virgile Crance, président de la CAT. C’est pourtant, selon lui, ce qui est actuellement demandé aux professionnels du tourisme.
La question est loin d’être anecdotique. Près de 70% du PIB touristique français reposerait sur la clientèle domestique, dont les réservations restent étroitement liées au découpage des vacances scolaires. Le calendrier détermine notamment les pics de fréquentation des stations de montagne et du littoral, l’ouverture de certaines lignes de transport, les dates des grands événements et les niveaux de prix.
À défaut de dates arrêtées, les entreprises avancent donc à tâtons. Avec le risque de programmer trop tôt, trop tard ou au mauvais moment. Chaque mois de retard réduit aussi leur capacité à anticiper leurs besoins en personnel et à négocier avec leurs partenaires.
La confédération prend toutefois soin de désamorcer un sujet toujours inflammable : elle ne réclame ni refonte des zones, ni allongement des congés, ni modification du rythme scolaire. Elle demande seulement que les dates soient connues.
La CAT souhaite la publication rapide du calendrier 2027-2028, puis le retour, avant la fin de l’année, à un calendrier glissant couvrant trois années scolaires. Le Code de l’éducation prévoit d’ailleurs qu’un calendrier national soit arrêté pour trois ans. Mais l’arrêté publié en octobre 2025 s’est exceptionnellement limité à la seule année 2026-2027.
Les professionnels redoutent surtout que le dossier ne se perde dans les cartons d’une fin de quinquennat, puis dans ceux du prochain gouvernement. « La visibilité n’est pas un confort », insiste Jean-Virgile Crance. Dans une industrie qui représente environ 8% du PIB et deux millions d’emplois directs et indirects, attendre le résultat de l’élection pour ouvrir un calendrier pourrait en effet coûter un peu plus cher qu’un simple oubli d’agenda.