Le président américain arrive en France pour le sommet du G7, marqué par ses menaces sur le vin français et les enjeux sécuritaires au Moyen-Orient et en Ukraine
C’est un Donald Trump gonflé à bloc, après un accord avec Téhéran et une fête d’anniversaire à grand spectacle, qui est attendu lundi 15 juin au sommet du G7 à Evian, en France , où le président français Emmanuel Macron espère pousser une initiative franco-britannique pour sécuriser le stratégique détroit d’Ormuz. Outre le Moyen-Orient, plusieurs sujets délicats sont à l’ordre du jour des dirigeants des grandes puissances : le commerce, la tech et l’Ukraine.
Donald Trump s'apprête à décoller pour rejoindre le G7 d'Evian pic.twitter.com/ECfdVp0XWv
Mais l’agenda du sommet du G7, déjà bousculé par l’accord Washington-Téhéran conclu la veille, dépendra largement de l’imprévisibilité du dirigeant américain. Quelques heures avant son arrivée en France, Donald Trump, plus résolu que jamais à pousser les intérêts de la première puissance mondiale, a ainsi menacé d’assommer le vin français de droits de douane si Paris ne lève pas une taxe frappant les revenus des groupes technologiques, dont Apple, Google ou encore Meta.
Rien ne dit par ailleurs que le milliardaire, pressé de tourner la page du conflit au Moyen-Orient et peu enclin à se mêler de celui en Ukraine, sera sensible à l’appel de Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a demandé que le G7 adresse une « réponse décisive » à Moscou après de nouvelles attaques russes meurtrières. Reste également à voir si Donald Trump accueillera favorablement la proposition d’Emmanuel Macron d’activer une mission internationale franco-britannique pour accompagner la réouverture et la sécurisation du détroit d’Ormuz.
« Les moyens sont en place et prêts à être engagés », a assuré Emmanuel Macron sur X, avant même la signature de l’accord entre Washington et Téhéran, vendredi à Genève. Les pays du G7 (hors États-Unis) avaient refusé de prendre part à la guerre au Proche-Orient au printemps, ce qui leur a valu les foudres de Donald Trump, mais se sont préparés à intervenir pour la sécurisation de cette artère vitale du transport de pétrole après le conflit. Cette réouverture doit être « inconditionnelle », a martelé Emmanuel Macron, alors que Téhéran envisageait d’instaurer un droit de passage.
Ces questions seront abordées mardi en présence des dirigeants de l’Égypte, des Émirats arabes unis et du Qatar, qui auront chacun des tête-à-tête avec Donald Trump. Le président américain a quitté les États-Unis après un tournoi inédit de MMA à la Maison-Blanche , pour son 80e anniversaire. Donald Trump, que les grands-messes multilatérales ennuient et qui a pour habitude de les perturber par ses coups d’éclat, doit entrer en scène dès 17 heures pour un entretien avec son homologue français.
Ils évoqueront sans aucun doute les menaces de Donald Trump sur le vin français proférées dans un entretien au « New York Post ». Si Paris persiste à taxer les géants américains de la tech, « je n’aurai pas d’autre choix que de mettre des droits de douane de 100 % sur tous les champagnes et vins venus de France », a-t-il dit. Ils enchaîneront avec un dîner d’ouverture avec les autres membres (Allemagne, Canada, Italie, Japon, Royaume-Uni) dans le décor idyllique d’Evian, ville thermale des Alpes. Emmanuel Macron, qui s’est longtemps affiché comme l’interlocuteur privilégié de Donald Trump côté européen, montre désormais une certaine opposition, tout en continuant à ménager un président imprévisible. Un dîner sera donné en son honneur mercredi au château de Versailles.
Le président français, pour son ultime participation à ce club de puissances industrialisées, espère obtenir de Donald Trump une posture plus à l’écoute de Kiev, et moins de Vladimir Poutine, pour mettre fin à la guerre en Ukraine. Après que des frappes meurtrières menées par la Russie ont fait au moins neuf morts et incendié une cathédrale historique à Kiev , il faut « davantage de pression sur l’agresseur et davantage de soutien à la défense aérienne de l’Ukraine », a demandé Volodymyr Zelensky. Le président américain participera mardi à une session sur l’Ukraine en présence de son homologue ukrainien, avec qui il a une relation houleuse.
Outre des dirigeants de pays émergents, la France a invité plusieurs « leaders de la tech mondiale », dont les Américains Sam Altman et Dario Amodei, patrons respectifs d’OpenAI et du fleuron de l’IA Anthropic, pour un déjeuner mercredi. Cela peu après que Washington a ordonné de suspendre l’accès de « tout ressortissant étranger » à des modèles d’IA, ce qui frappe de plein fouet Anthropic.
