C’est en l’absence de la prévenue que le tribunal correctionnel de Paris a prononcé lundi son jugement à l’encontre de Sophia Chikirou. Seule l’infraction de vol est retenue et les magistrats lui ont trouvé des circonstances atténuantes.
Le président de la 13e chambre correctionnelle du Paris, après avoir estimé « regrettable » l’absence de la prévenue à son délibéré, a énoncé le jugement. La députée Sophia Chikirou (LFI), 47 ans, a été condamnée lundi 8 juin à une peine de 8 000 euros d’amende, dont 4 000 euros avec sursis, pour le vol de deux formules de chèques de la société de production du Média (SDPLM). Également jugée pour tentative d’escroquerie, l’ancienne candidate à la mairie de Paris a, sur ce point, été renvoyée des fins de la poursuite.
Lors de son procès le 12 mai dernier (lire notre compte-rendu ici ), Sophia Chikirou avait raconté son éviction de la webtélé Le Média, à l’été 2018. Ses fonctions de présidente lui avaient été retirées par procès-verbal du 24 juillet, et il était reproché à la prévenue d’avoir usurpé la qualité de présidente, les 27 et 28 juillet suivants, pour chercher, auprès du banquier, à se faire virer la somme de 67 146 euros, dont elle estimait que Le Média était redevable à sa société de communication, Mediascop. Face au tribunal, elle avait soutenu ne pas avoir eu connaissance de son éviction, celle-ci étant prévue, selon-elle, pour la fin août. Sur ce point, le tribunal a estimé qu’il n’était pas certain qu’elle ait été informée de sa révocation, et a « considéré qu’il n’y avait aucune manœuvre de sa part », ce qui l’a conduit à prononcer une relaxe.
Face au refus du banquier, Sophie Chikirou, selon l’acte de poursuite, se serait rendue dans les locaux du Média, à Montreuil, ou elle aurait volé deux formules de chèques. Le tribunal a, quant à lui, estimé que, si les formules avaient bien été subtilisées, ce vol remontait au 13 juillet, comme Sophia Chikirou – qui soutenait l’avoir fait avec l’aval de ses associés d’alors – l’affirmait.
« Si le vol est, pour un élu de la République, un fait présentant une gravité certaine », a estimé le président (Sophia Chikirou n’était pas élue au moment des faits, ndlr), le tribunal a tenu compte de l’ancienneté des faits, du fait que la mise en cause n’ait pas fait usage des chèques, et du désistement du plaignant, pour la condamner à une peine moindre que la peine requise (50 000 euros d’amende, dont 40 000 avec sursis).
Huit ans après les faits, Sophia Chikirou comparaît pour une tentative d’escroquerie sans victimes
