Le PDG de la SNCF Jean Castex a confirmé vendredi que les perturbations majeures survenues lundi dernier sur le réseau sud-est sont directement liées aux fortes chaleurs
L’ arrêt des deux TGV Paris-Nice , immobilisés plusieurs heures lundi après-midi au nord de Lyon, avec un millier de voyageurs répartis le long des voies, est bien dû à la canicule, a indiqué vendredi le PDG de la SNCF Jean Castex. Le ministre des Transports Philippe Tabarot avait demandé mardi à la SNCF « d’établir les circonstances de ces événements et de prendre les dispositions nécessaires, dans le contexte des fortes chaleurs prévues, afin de prévenir les incidents, d’assurer une communication claire et de garantir une prise en charge appropriée des passagers ».
« Nous sommes marqués par un épisode caniculaire particulièrement précoce cette année et je suis en mesure de dire que nous savons désormais que les grosses perturbations intervenues sur le réseau sud-est lundi dernier, le lundi de Pentecôte, sont bien le produit de la canicule qui a détendu des fils caténaires » a déclaré Jean Castex, en marge d’une conférence de presse à Paris vendredi. L’interruption de l’alimentation des trains en électricité, apportée par les caténaires, a « entraîné des perturbations assez importantes » pour les voyageurs, a-t-il ajouté.
En effet, en cas de rupture d’alimentation, la climatisation d’un TGV a une autonomie de seulement 30 minutes, explique BFMTV . Lundi dernier, les rames se sont donc rapidement retrouvées sans climatisation avec l’ensemble des voyageurs bloqués à l’intérieur, subissant des températures proches des 40 degrés. Un problème qui devrait être réglé à l’avenir avec l’arrivée des TGV M , équipés d’une batterie de secours leur permettant d’alimenter la climatisation et même de rouler à faible vitesse pour quitter une zone sans électricité.
« Les caténaires peuvent se distendre, la signalisation est aussi un élément de fragilité » a par ailleurs précisé Jean Castex. « Quand vous avez 40 degrés de température extérieure, vous avez 60 degrés sur le rail, le risque c’est aussi la dilatation des rails ». Un phénomène qui touche aussi les lignes de tramway, comme à Vélizy-Villacoublay où la circulation sur la ligne T6 a été fortement perturbée jeudi après le soulèvement des rails sous l’effet de la chaleur.
Le tramway T6 à Vélizy-Villacoublay a été fortement perturbé le 28 mai 2026 suite au soulèvement de ses rails sous l’effet de la chaleur. ️ Deux zones de déformation des rails ont été détectées entre Vélizy 2 et Robert Wagner en raison de la dilatation thermique de… pic.twitter.com/CtaczHzZuR
Depuis ces différentes perturbations, la SNCF a annulé par avance plusieurs dizaines de voyages prévus cette fin de semaine dans les vieilles rames Corail sur les liaisons Intercités Paris-Clermont, Paris-Limoges-Toulouse, et Bordeaux-Marseille, car leurs systèmes de climatisation ne sont pas adaptés pour les très hautes températures et risquent de céder durant le voyage.
Pour l’avenir, la SNCF dispose d’un « vaste plan d’anticipation des changements climatiques », « qui ne concerne pas que la canicule, mais aussi les glissements de terrain et les inondations », a dit Jean Castex. « Le réseau SNCF extérieur est très révélateur de l’accélération du réchauffement climatique », a-t-il estimé.
