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Gaëtan Bruel a appelé au calme, estimant qu’il est «factuellement faux de dire que Canal+ aurait renoncé à soutenir toute la diversité du cinéma».
Les premières réactions tombent au lendemain de la sortie médiatique du patron de Canal+ qui a annoncé dimanche, depuis le Festival de Cannes, « blacklister » les 600 signataires d’une tribune dénonçant «l’emprise grandissante de l’extrême droite » et de Vincent Bolloré sur le cinéma français. Lundi matin, Gaëtan Bruel , le président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC), a déclaré au micro de France Inter qu’il «regrettait» la réaction de Maxime Saada , le patron de Canal.
«Sur le plan de la liberté d’expression, ça pose question , a-t-il précisé. Parce que le droit à la critique, ça fait partie de ce principe fondamental.» Gaëtan Bruel a toutefois appelé au calme, estimant qu’il est «factuellement faux de dire que Canal aurait renoncé à soutenir toute la diversité du cinéma» . « Je ne me retrouve pas dans les faits qu’ils dénoncent (...) et il faut faire attention aux prophéties autoréalisatrices » , a-t-il ajouté.
Dimanche, le directeur de la chaîne, premier financeur du cinéma tricolore, a pris « publiquement la défense » du CNC, rappelant que l’institution est « fondamentale pour l’exception culturelle » . Dans cette même prise de parole, Maxime Saada a déploré le comportement des centaines de signataires de la tribune publiée une semaine plus tôt dans le journal Libération , parmi lesquels se trouvent les noms de grandes personnalités du septième art comme Juliette Binoche , Jean-Pascal Zadi ou Adèle Haenel, Rémi Bonhomme, Raymond Depardon, ainsi que des chefs opérateurs, des producteurs, des monteurs son ou des scriptes. Ces derniers dénonçaient notamment l’influence de l’actionnaire Vincent Bolloré sur le groupe Canal, accusé de mener « un “projet civilisationnel”, réactionnaire d’extrême droite » .
« J’ai vécu cette pétition comme une injustice vis-à-vis des équipes Canal qui s’attachent à défendre l’indépendance de Canal+, dans toute la diversité de ses choix », a alors réagi Maxime Saada sur la Croisette, ajoutant que la chaîne ne s’associera plus « avec les gens qui ont signé cette pétition » . « Je n’ai pas envie de travailler avec des gens qui nous traitent de crypto-fascistes , avait-il poursuivi. Je suis fatigué d’expliquer que Canal + soutient tous les cinémas, toute la diversité, que des films comme L’Histoire de Souleymane ne se seraient pas faits sans Canal+ » .