Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, le 1er avril 2026. - Photo par GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
"Je refuse cette assignation". Dans une publication sur X, Bally Bagayoko , a réagi, ce vendredi 15 mai, à des propos une nouvelle fois tenus à son encontre sur un plateau de la chaîne Cnews.
Lors d'un débat sur la relation de la France avec l'Afrique, Vincent Hervouet, chroniqueur de la chaîne appartenant à Vincent Bolloré, déclare que "la France a perdu le Mali, et nous, on a Bally Bagayoko, un maire malien en France".
Un discours que l'édile d'Île-de-France n'a pas laissé passer. "Je suis un élu de la République française. Je suis français. Né de l’histoire de l’immigration, certes, fier de mes origines familiales", a-t-il écrit avant d'ajouter: "En me qualifiant de 'maire malien en France', vous ne parlez pas seulement de moi. Vous dites à des millions de Français issus de l’immigration qu’ils resteraient éternellement renvoyés à une origine".
Ces propos interviennent, alors que le maire a déjà porté plainte contre la chaîne Cnews après la diffusion d'une séquence aux relents racistes. Un passif que l'édile n'a pas manqué de rappeler dans son message.
"Ce type de propos est devenu si fréquent sur Cnews qu’il est désormais difficile de parler de simple 'dérapage'", souligne-t-il avant de conclure: "Cette banalisation est dangereuse pour le débat public".
Dans son message sur X de vendredi, Bally Bagayoko dénonce aussi la vision de l'Afrique qui, selon lui, se dégage des propos de Vincent Hervouet. "Le Mali n’a pas été 'perdu' comme on perdrait un territoire ou une possession. Le Mali est un État souverain", assène-t-il.
"Faire le parallèle entre cette situation géopolitique et mon élection comme maire en France révèle précisément le problème: l’idée persistante que des Français comme moi seraient toujours perçus à travers le regard de l’ancienne relation coloniale", ajoute-t-il.
Depuis son élection à maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a fait de la lutte contre le racisme l'une des grandes causes de son mandat. L'édile insoumis a notamment appelé, sur ses réseaux sociaux, à participer à une marche contre le racisme le 21 juin prochain.
Après la plainte du maire, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour "injure publique en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion".
