Le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, le 5 mai 2026 à Paris - XAVIER GALIANA / AFP
Le Parti socialiste lance un think tank baptisé Noûs ("esprit, "intelligence" en grec), pour mener "la bataille culturelle" face au "néo-conservatisme d'extrême droite", a appris l'AFP ce vendredi 29 mai auprès de ses deux coprésidents, Julie Martinez et Gaston Laval.
Ce think tank qui se prononce "nousse", a pour objectif de poursuivre "le renouveau doctrinal" du PS et d'être "un outil de résistance", ont-ils expliqué.
"On est à un moment clé de notre temporalité politique en amont de la présidentielle et à un moment clé de la nécessité de renouveler notre logiciel intellectuel à gauche", face aux défis de l'urgence climatique, de l'intelligence artificielle et de "la grande bataille culturelle" face à "la vague réactionnaire", justifie Gaston Laval, conseiller PS de Paris.
Envisagé comme un "nouveau maillon" entre intellectuels et personnalités culturelles et le parti d'Olivier Faure, Noûs va agréger les forces vives qui avaient envie de contribuer mais "ne savaient pas exactement à quelle porte frapper", ajoute-t-il.
Au programme: des sujets "à penser sur le temps long et toujours avec un pas de côté", mais avec l'objectif de "trouver une répercussion sur le terrain", souligne Julie Martinez, conseillère PS d'opposition à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine) et à la tête du laboratoire d'idées France Positive, fondé par Jacques Attali.
Parmi les premiers thèmes de réflexion, le sommeil, le bruit ou encore "la question du temps perdu qu'on pourrait récupérer à l'aune de grandes révolutions technologies parmi lesquelles l'IA générative", détaille-t-elle.
Noûs sera lancé le 8 juin, lors d'une soirée à Paris, qui aura pour thème "Nos vies empêchées : la violence contre les corps, les esprits, la démocratie".
Ce think tank constitue le "troisième temps de la réorganisation du PS", après "le projet socialiste pour le XXIe siècle", rédigé sous l'égide de l'eurodéputée Chloé Ridel et soumis prochainement au vote des adhérents, et la création de l'institut de formation Léon Blum il y a un an, à l'initiative du chef des députés Boris Vallaud.
Alors que La France insoumise dispose déjà depuis plusieurs années de son laboratoire d'idées, l'Institut La Boétie, le PS dit s'inspirer plutôt des initiatives des partis socialistes ou sociaux-démocrates européens, comme la fondation Friedrich-Ebert du SPD allemand.
Noûs sera doté d'un "conseil des savoirs", sorte de conseil scientifique, composé d'une trentaine de personnalités, dont les philosophes politiques Justine Lacroix et Myriam Revault d'Allonnes, le spécialiste des relations internationales Bertrand Badie, le sociologue Cyril Lemieux ou encore le spécialiste de l'islam politique Haouès Seniguer.
