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Grâce à la générosité des habitants des environs, la plateforme Geev a ouvert temporairement un magasin à Fréjus dans le Var dans lequel les consommateurs peuvent venir se servir.
Difficile de faire plus efficace pour lutter contre la perte de pouvoir d’achat des Français. Vendredi matin, une boutique éphémère s’est ouverte au sein d’une galerie marchande à Fréjus (Var) dans lequel tout était gratuit. Parmi les objets proposés, des vêtements, de la décoration ou du petit électroménager. Pour parvenir à ce tour de force, les organisateurs ont pu compter sur la générosité des habitants des environs. En effet, toutes les marchandises placées sur les présentoirs avaient été données les jours précédents. Seule contrainte pour les consommateurs, ne pas prendre plus de cinq objets et posséder un profil sur l’application Geev.
Cette boutique est en effet un coup de communication orchestrée par cette entreprise dont le concept de base est de «donner et récupérer en quelques clics des objets proches de chez vous», comme le révèle le site Var-matin. Fréjus n’est d’ailleurs pas la première ville dans laquelle est expérimenté ce genre de magasin gratuit. Le but est d’inciter les Français à aller sur la plateforme en ligne où ils peuvent donner ou acquérir gratuitement les objets dont ils ne se servent plus. Sur son site, Geev revendique avoir vu passer plus de 55 millions d’objets depuis sa création en 2017, de quoi permettre d’économiser 170 millions d’euros de pouvoir d’achat et 341 000 tonnes de CO 2 , selon eux.
Le fonctionnement est simple, après avoir choisi une distance (d’un à 50 kilomètres), on peut trouver de tout, allant d’un sac à dos à des gants de ski, en passant par des puzzles, des meubles, des mugs et des couverts, mais également de la nourriture. De très nombreuses offres sont faites et il est possible de «réserver» le don avant d’aller le chercher. «Chaque année en France, neuf millions de tonnes d’objets encore utilisables sont jetées par les foyers, et le montant des invendus non alimentaires s’élève à quatre milliards d’euros» , explique la plateforme.
Forte de son succès, la plateforme a décidé de grossir grâce à une levée de fonds de 4,5 millions d’euros début 2024 . Ce financement a permis de développer une offre auprès des professionnels du secteur du commerce de détail, en évitant que les objets repris par des entreprises finissent jetés. Cette somme donne à l’entreprise de l’économie circulaire «les moyens d’accélérer la croissance de notre communauté et de continuer de rêver qu’on pourra bientôt la faire grandir à très, très grande échelle» , estimait Hakim Baka, cofondateur de Geev.
Le réemploi est une pratique à la mode. Au point que le chef de l’État est décidé récemment de se saisir du sujet. En déplacement ce mardi au salon de l’économie circulaire REuse Economy, à Paris, où il doit présider un Conseil de planification écologique (CPE), Emmanuel Macron a demandé au gouvernement d’accélérer sur la mise en place de la consigne sur le plastique. «La France, un des plus importants consommateurs de plastique en Europe, notamment pour les emballages, paie quasiment 1,5 milliard d’euros (de pénalité annuelle, NDLR) à l’Union européenne pour non atteinte des taux de recyclage» , avait rappelé l’Élysée il y a quelques jours. L’un des enjeux clés porte sur la collecte des bouteilles en plastique qui devra atteindre un taux de 90% en 2029, contre 50% actuellement.