Invitée des "4 Vérités" ce jeudi 4 juin, la ministre confirme qu'elle souhaite que les sanctions prononcées à l'encontre des casseurs lors des grands événements soient plus sévères, dans le sillage des déclarations d'Emmanuel Macron et du Premier ministre Sébastien Lecornu.
"La justice doit faire son travail avec des peines sévères" , assure ce matin dans les "4V" Marina Ferrari, ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative. Interrogée sur le sujet de la gestion des grands événements sportifs, après les dégradations et violences urbaines qui ont eu lieu samedi soir pour la victoire du PSG en Ligue des champions, la ministre estime qu'il "faut continuer" sur la lancée du gouvernement, qui souhaite faire payer les réparations aux casseurs. Concernant la mise en place de fanzones pour la Coupe du Monde 2026, elle précise qu'un "travail va être fait avec les collectivités au fur et à mesure dans la compétition pour voir comment vont s'organiser les dispositifs pour accueillir les supporters."
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Gilles Bornstein : Le "ras-le-bol" , a dit le président de la République, "on ne veut plus voir ça" . Si la France est championne du monde le 19 juillet, on a le droit de rêver, est-ce qu'il y aura une célébration en France ? Et si oui, dans quelles conditions ?
Marina Ferrari : Il y aura des célébrations, et nous nous y préparons pour cette Coupe du Monde, en espérant que la France ira le plus loin possible avec cette belle équipe que nous avons. Vous faites allusion aux violences qui ont eu lieu en marge de la finale Arsenal-PSG, sachant que nous sommes tous excédés par les images que nous avons vues. Le président de la République l'a rappelé, ça suffit, il faut que nous agissions.
Beaucoup de choses ont été faites, je tiens à saluer le travail des forces de l'ordre. C'est vrai qu'on a tendance à entendre une inversion des normes aujourd'hui, avec certains membres de la gauche, LFI, qui ont dénoncé le travail des forces de l'ordre. Je m'inscris en faux là-dessus. Les forces de l'ordre ont fait un travail remarquable. Le ministre de l'Intérieur avait pris le soin de beaucoup renforcer les effectifs. Il y a eu beaucoup d'interpellations faites.
En dépit de ce travail, on a assisté à ça.
Il faut sans cesse continuer. Je vous rappelle qu'il y a 45 % d'interpellations en plus. Maintenant, c'est la justice qui doit faire son travail avec des peines sévères. Donc nous ne lâchons rien sur le sujet et il faut absolument continuer.
Si nous sommes champions du monde, ce que tout le monde souhaite sur ce plateau, il y aura des célébrations : que fera le gouvernement pour éviter que les mêmes causes produisent les mêmes effets ?
D'abord, il faut bien évidemment se rappeler que l'organisation de fanzones ne dépend pas aujourd'hui du gouvernement mais dépend des collectivités. Donc bien évidemment un travail va être fait avec les collectivités au fur et à mesure dans la compétition pour voir comment vont s'organiser les dispositifs pour accueillir les supporters. Je tiens à rappeler qu'il faut faire un distinguo entre les supporters, puisqu'on le voit, lors des célébrations au Parc des Princes, tout s'est très bien passé, et les casseurs. C'est en marge de ces cortèges que nous avons des casseurs qui interviennent. C'est précisément pour cela que nous ne sommes pas restés sans rien faire, et que de nombreuses forces de l'ordre ont été mises en œuvre sur le terrain. Et que demain il doit y avoir, vous le savez, ça a commencé déjà, des condamnations judiciaires qui doivent tomber…
Personne n'a dormi en prison, est-ce que vous avez le sentiment que des peines plus sévères seraient plus dissuasives ?
Je le pense, et c'est également ce qu'a rappelé le Premier ministre lorsqu'il a été interrogé sur le sujet à l'Assemblée nationale, en disant aussi qu'aujourd'hui il faut nous appliquions un principe simple : qui casse, doit aussi payer. Donc il y a des condamnations pénales, mais il y a aussi des condamnations financières à un moment qui doivent intervenir.
Donc, vous souhaitez que les peines soient plus sévères ?
Absolument, je crois qu'il faut à un moment sévir. Je fais confiance à la justice, parce que c'est le cas ces dernières années, on voit des peines de plus en plus sévères, et vous avez vu, justement, la procureure qui a pu s'exprimer sur le sujet en disant que les peines seraient sévères.
"Tu casses, tu répares" , a dit Gabriel Attal. Vous, vous pensez "tu casses, tu payes" ?
C'est ce qu'a redit le Premier ministre à l'Assemblée nationale. Il a été très ferme sur le sujet, en disant qu'à un moment, il faut aussi responsabiliser les casseurs.
Dimanche, Arsenal a fêté son titre de champion d'Angleterre. Malgré la défaite en Champions League, il y avait un million et demi de personnes dans la rue à Londres sans incident, sans incident majeur, dirais-je. Que se passe-t-il en France pour que ça soit différent ?
Écoutez, je pense qu'on a ces phénomènes qui ne sont pas propres qu'au sport, parce que je tiens bien à faire le distinguo en tant que ministre des Sports. On le voit bien aujourd'hui, on a aussi une problématique lors de grands rassemblements. Je pense par exemple au 31 décembre, des grandes célébrations, vous le savez, la Saint-Sylvestre, on a des mouvements comme ça de contestation forte. On est aujourd'hui, je pense, confrontés à des personnes qui veulent en découdre avec les forces de l'ordre et donc il faut absolument que nous soyons très fermes. Ce n'est pas spécifique à la France, on l'a vu dans d'autres mouvements, dans d'autres pays, mais c'est vrai que c'est un phénomène qui aujourd'hui s'installe en France et contre lequel nous sommes extrêmement mobilisés.
Il y a eu un débat sur les primes pour les joueurs en équipe de France. Ce sont des joueurs qui sont payés au-delà de ce qu'on peut imaginer. Est-il normal que la Fédération française de foot, en plus, leur verse sur fonds publics des primes pour avoir l'honneur de porter le maillot de leur pays ? Est-il logique qu'on se fasse payer pour aller jouer en équipe de France ?
Il ne m'appartient pas de décider de la hauteur des primes ou de l'attribution des primes par la Fédération française à nos joueurs sélectionnés pour représenter la France. En revanche, dans toutes les disciplines, quand vous avez des sportifs professionnels ou pas qui vont représenter la France ou qui ramènent des médailles, il y a des primes qui sont assorties.
On ne peut pas dire que les footballeurs professionnels soient dans le besoin, ce qui n'est peut-être pas le cas d'autres athlètes olympiques.
Les footballeurs professionnels vont parfois devoir ne pas jouer. Par exemple, dans le texte olympique, nous avons mis une disposition…
Il n'y a pas de championnat pendant la Coupe du Monde.
Pendant la Coupe du Monde, je suis d'accord, mais je vous parlais des Jeux Olympiques, puisque vous saviez qu'à l'époque, il y avait eu une polémique. Par exemple, nous avons mis maintenant dans le texte olympique que les joueurs devront être libérés pour pouvoir représenter la France. Vous savez que les carrières de joueurs sont très courtes aujourd'hui, et moi, je ne suis pas choquée par le fait qu'ils peuvent avoir une prime en cas de victoire, bien évidemment, puisque ces primes sont accordées en cas de victoire.
Camille Dahan, ici présente, a voulu vous poser une question, mais elle m'a chargé de le faire. Les petites filles sont moins sportives, font moins de sport que les petits garçons. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce que vous le confirmez ? Et comment changer ça ?
Merci pour cette question, qui est essentielle aujourd'hui. C'est vrai pour les jeunes filles, les petites filles, les femmes aussi, malheureusement, c'est tout le sport qui souffre d'un manque de féminisation sur lequel nous travaillons beaucoup. C'est une des grandes thématiques qui m'occupe beaucoup au ministère des Sports. D'abord, parce que j'ai envie de dire que c'est un peu culturel, parfois, c'est vrai que les petites filles ont tendance à moins pratiquer. Dans certains quartiers, par exemple, on voit que l'accès au sport des jeunes femmes est plus difficile. C'est aussi un problème économique. Souvent, c'est pour ça qu'il y a des actions qui sont mises en œuvre, des soutiens, le passeport, notamment, le sport à l'école aussi. Et puis, il y a des âges dans la vie d'une femme qu'il faut appréhender différemment. Je pense à la puberté, notamment.
Camille Dahan : Justement, une jeune femme sur deux arrête le sport à l'adolescence en France, c'est énorme.
Absolument. C'est pour ça que nous travaillons là-dessus. Par exemple, tout dernièrement, en début d'année, nous avons publié des guides à destination aussi de l'encadrement dans les clubs, pour accompagner. Il y a un guide qui s'appelle "Puberté et performance" , par exemple, pour que l'évolution des jeunes femmes soit mieux prise en compte dans l'encadrement qui en est fait, parce qu'il faut comprendre aussi cette période qui est difficile dans la vie, mais qui doit être prise en compte dans l'accompagnement des sportifs. Et puis, c'est la question des équipements, aujourd'hui. On doit avoir des vestiaires adaptés aussi pour accueillir les femmes.
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