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Mis en ligne ce 21 mai sur Steam, Plantation Simulator place le joueur dans la peau d’un propriétaire de plantation blanc chargé de faire travailler des esclaves noirs.
Vingt-cinq ans, jour pour jour, après la promulgation de la loi Taubira reconnaissant la traite négrière et l’esclavage comme crimes contre l’humanité, la sortie du jeu vidéo Plantation Simulator passe mal. Mis en ligne ce 21 mai sur la plateforme Steam , le titre propose au joueur d’incarner un propriétaire de plantation blanc devant faire travailler des esclaves noirs, rapporte BFM Tech. Un scénario de jeu qui suscite l’indignation jusque dans les rangs du gouvernement, où l’on dénonce une «apologie de l’esclavage» et de la «violence raciste» .
Il faut dire que la fiche Steam de Plantation Simulator a de quoi choquer : «Dans ce jeu, vous devrez fouetter des personnes noires pour rendre votre ferme productive» , détaille le créateur, ajoutant que «si vous les fouettez trop, elles mourront» . «Ce jeu est une honte» , s’est offusqué Anne Le Hénanff, la ministre déléguée chargée du Numérique dans un message posté jeudi sur le réseau social X (ex-Tweeter), qui a annoncé la saisine de l’autorité de régulation des communications numériques et du numérique, l’Arcom, ainsi qu’un signalement via la plateforme PHAROS.
Le développeur du jeu, connu sous le pseudonyme FzzyBzzy, revendique de son côté une démarche provocatrice. «Je suis étonnamment surpris qu’il ait été approuvé. Où est la limite ?» , s’est-il même étonné dans un message sur X. Dans un autre message, il fait un constat cynique : «Je sais que les jeux adorent l’esclavage... on le voit dans Morrowind, Fallout, RimWorld, Solarice, même dans ce putain de Pokémon. Les gens aiment être des humains de merde.»
Quelles que soient les motivations derrière ce jeu, plusieurs internautes interrogent la politique de modération de Steam, régulièrement critiquée en Europe. La plateforme avait déjà été épinglée pour avoir hébergé un jeu glorifiant l’attaque du 7-Octobre contre Israël par le Hamas - un titre supprimé depuis. «Comme je le dis depuis le début : aucune plateforme n’est au-dessus des lois» , a martelé jeudi Anne Le Hénanff dans son message. L’exécutif semble en tout cas déterminé à durcir le ton face à ces manques répétés de modération.
