« On ne peut pas en rester là. » « En colère » contre les violences qui ont éclaté en France après la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions, Sébastien Lecornu a détaillé ce mardi 2 juin le plan du gouvernement pour répondre à ce phénomène de violence, qui tend à se répéter. Après le volet sécuritaire, à travers le projet de loi Ripost , actuellement en discussion au Parlement, le locataire de Matignon veut travailler sur « la question de la réparation civile ». Comprendre : taper les auteurs au portefeuille.
« On a un système qui essentiellement s’est fondé sur une réponse pénale. Or, on est sur des dégradations qui sont des dégradations matérielles qui coûtent extraordinairement cher à la société » , a-t-il effectivement expliqué lors des Questions au gouvernement à l’Assemblée nationale.
Concrètement, si Sébastien Lecornu se dit opposé à la suspension des prestations sociales, une proposition de la droite et de l’extrême droite, il va « demander » aux ministres concernés « de faire des propositions assez rapidement ». Une solution de « bon sens » serait de « permettre à ces prestations sociales, en dehors du reste à vivre, de financer justement ces réparations », a-t-il précisé, sans plus de détails.
Plus largement, le Premier ministre, qui répondait à une question du chef de file des députés Horizons, Laurent Marcangeli, s’est fait fort de défendre le dispositif de sécurité massif mis en place pour la finale de la Ligue des champions , tout en apportant son soutien sans faille aux forces de l’ordre. Une façon de répondre aux attaques sur sa droite, qui l’accusent de laxisme, de riposter à une partie de la gauche, et d’entretenir le discours de l’exécutif sur la responsabilité individuelle.
« On ne peut pas être dans une schizophrénie (...) laissant à entendre que ce sont les forces de l’ordre qui créeraient le désordre. L’inversion du récit, l’inversion des valeurs est le début du combat politique et culturel qu’il nous faut mener » , a-t-il encore affirmé. Une allusion, ici, à des propos tenus par la députée de la France insoumise Clémence Guetté, qui avait accusé les forces de l’ordre d’avoir « chargé des gens qui ne commettaient aucun débordement » .
« Sans quoi, comment voulez-vous demander à une jeunesse de respecter des règles si les élites politiques elles-mêmes introduisent un doute ou un quiproquo dans les lois de la République que vous avez votées ? » , a-t-il poursuivi. « En colère de voir les images lamentables » de ces exactions, il a affirmé : « nous devons ici soutenir, quoi qu’il arrive, les forces de sécurité intérieure, policiers, gendarmes » .
Au total, samedi et dimanche, il y a eu « plus de 890 interpellations, en hausse de plus de 45 % » par rapport à 2025, lorsque le club parisien avait remporté son premier trophée européen, selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. Sur les profils des personnes interpellées, 98 % sont des hommes, 2 % des femmes, « un tiers » des mineurs, « 85 % de Français » et les récidivistes sont « minoritaires » , a précisé le chef du gouvernement, considérant qu’il ne s’agissait pas de « violences des supporters » mais d’un « phénomène de délinquance beaucoup plus global » .
