Soupçonné d’arborer un faux pavillon camerounais, le navire a été escorté jusqu’au Finistère après son interception par la Marine française au large de la Bretagne
Le pétrolier en provenance de Russie, soupçonné d’arborer un faux pavillon camerounais et arraisonné dimanche par la France , est arrivé en baie de Douarnenez, dans le Finistère, a constaté mardi un journaliste. Ce navire de la flotte fantôme russe, utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales contre ses ventes de pétrole, a pénétré dans la baie vers 8 heures. Le navire sous sanctions européennes va désormais être immobilisé et maintenu à disposition de la justice dans le cadre d’une enquête de flagrance pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer.
L’arraisonnement de ce pétrolier, dénommé le Tagor, est intervenu dimanche à plus de 400 milles nautiques (740 km) à l’ouest de la Bretagne. En provenance du port de Mourmansk, à l’extrême nord-ouest de la Russie, il se dirigeait vers la ville balnéaire de Limbé au Cameroun. La Marine française a estimé qu’il s’agissait probablement d’un faux pavillon et a décidé de monter à bord du navire, comme le permet la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.
Le Kremlin a dénoncé une opération « à la limite de la piraterie internationale », par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov. Le capitaine, de nationalité russe, a « refusé à de multiples reprises d’obtempérer aux consignes » des militaires français, ce qui a rendu « nécessaire » une prise de contrôle du navire, selon le procureur de Brest Stéphane Kellenberger, qui a prévu de faire un point mercredi sur la procédure judiciaire en cours.
« Il est inacceptable que des bateaux contournent les sanctions internationales, violent le droit de la mer et financent la guerre que mène la Russie contre l’Ukraine depuis plus de quatre ans », a commenté lundi le président de la République Emmanuel Macron, en réaffirmant la détermination « constante et totale » de la France à lutter contre la flotte fantôme russe. L’interception de ce pétrolier est la quatrième de ce type effectuée par la France après celles du Deyna et du Grinch, arrêtés en Méditerranée respectivement en mars et janvier 2026, et celle du Boracay, arraisonné en septembre 2025 au large d’Ouessant.
