Les épreuves écrites du baccalauréat débuteront ce lundi par la philosophie pour les élèves de terminale générale et technologique qui enchaîneront ensuite avec les épreuves de spécialités et le grand oral
Plus de 530 000 élèves de terminale générale et technologique passent à partir de lundi 15 juin les épreuves écrites du baccalauréat, qui débuteront comme il est d’usage par la philosophie, une session marquée par un durcissement de ton du ministère sur l’orthographe. Après l’épreuve de français jeudi et, pour la première fois, celle de mathématiques vendredi pour les lycéens de première, les terminales (386 312 pour le bac général et 146 687 pour le bac technologique) plancheront lundi matin sur la philosophie (coefficient 8). Suivront les épreuves de spécialités (coefficient 16) entre mardi et jeudi et le grand oral (coefficient 8 en général et 12 en voie technologique) entre le 22 juin et le 1er juillet.
« Je suis un peu stressée, parce que j’ai l’impression de ne pas du tout être productive dans mes révisions », confie Louise Daumas, 18 ans, à quelques jours du coup d’envoi. « Mais normalement, avec le contrôle continu, ça le fait », poursuit cette lycéenne de Bordeaux. Depuis 2019 et l’entrée en vigueur de la réforme Blanquer, le contrôle continu en première et terminale pèse en effet pour une grande part de la note finale (40 %).
Cette année, l’accent sera particulièrement mis sur « la maîtrise de la langue » , a prévenu à plusieurs reprises le ministre de l’Éducation depuis mai. « Lorsqu’on passe le baccalauréat […] il y a une exigence de qualité globale de la langue », a rappelé Édouard Geffray jeudi, en marge de l’épreuve de français. « Une copie qui serait manifestement écrite avec un niveau de langue très problématique […] ne pourrait pas avoir la moyenne. » « Dans toutes les disciplines […] il y aura un barème qui précisera notamment le niveau de langue attendue et donc les points à retirer », a-t-il précisé.
S’il devait y avoir une baisse du taux de réussite au bac, qui avait atteint 91,8 % l’an dernier, « elle ne serait que le reflet de la vérité des niveaux », avait-il souligné mi-mai en conférence de presse. À partir de cette année, aucun repêchage ne sera par ailleurs possible en dessous de 8/20. À la veille des épreuves, le flou persiste, déplorent toutefois les enseignants. « On n’a eu aucune consigne sur l’orthographe, pas de courrier, rien… », regrette Pauline (prénom modifié), professeure d’histoire-géographie près de Grenoble.
Côté élèves, le message peine à passer, estime Louise. « Les profs ne nous en ont pas parlé », dit-elle. « Avec mes amis, on n’en a pas vraiment discuté, je pense qu’ils s’en moquent un peu. » « D’après ce que l’on sait, (les consignes) seront sur les correctifs distribués » la semaine prochaine, précise Jérôme Fournier, secrétaire national du syndicat SE-Unsa. « Mais le problème n’est pas tant de savoir comment on prend en compte l’orthographe, le problème c’est d’annoncer des changements d’évaluation à trois semaines du bac », fustige-t-il. « On ne change pas les règles du jeu en cours de route », abonde Pauline.
Le ministère a également annoncé un renforcement de la lutte contre la fraude, en hausse de 30 % l’an dernier, avec 1 208 cas suspectés sur 1,2 million de candidats, terminales et premières confondues. Une procédure disciplinaire pourra désormais être engagée en cas de fraude découverte après coup. Il sera aussi possible d’annuler une épreuve, un groupe d’épreuves, voire l’ensemble de la session d’examen pour un élève reconnu coupable de fraude. Quelques détecteurs d’objets connectés seront par ailleurs déployés de manière aléatoire sur tout le territoire. Cette année, le plus jeune candidat a « un peu moins de 10 ans », a indiqué mi-mai Édouard Geffray. Une situation « peu souhaitable » selon le ministre qui souhaite fixer un âge « plancher » pour se présenter à l’examen.
En raison de la guerre au Moyen-Orient, les épreuves écrites du bac et du brevet ont été annulées dans plusieurs pays de la région ainsi qu’au Mali, où la situation sécuritaire reste critique. Les candidats concernés se verront attribuer leur moyenne annuelle dans les enseignements concernés.
