Plus de 500 000 lycéens planchent ce vendredi sur une épreuve inédite de mathématiques, une mesure issue du « choc des savoirs » qui intègre désormais le dossier Parcoursup
Plus de 500 000 élèves de première générale et technologique planchent ce vendredi sur une épreuve inédite de mathématiques au baccalauréat , créée après les résultats décevants d’une étude internationale sur le niveau des élèves français et qui comptera pour Parcoursup. De 8 heures à 10 heures, les élèves devront répondre, sans calculatrice, à un questionnaire à choix multiples de calcul pour évaluer les automatismes et un ensemble de deux à trois exercices indépendants.
Trois sujets distincts sont prévus selon les parcours : spécialité mathématiques, enseignement scientifique sans spécialité ou tronc commun technologique. Les élèves qui ont choisi une spécialité mathématiques en terminale passeront toujours également une épreuve dans cette discipline à la fin de l’année prochaine.
Cet examen est issu du « choc des savoirs » de l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal, qui en avait annoncé la création fin 2023, dans la foulée des résultats décevants de l’étude internationale Pisa. Elle pointait une baisse « historique » du niveau des élèves français en maths entre 2018 et 2022, « la plus importante observée » depuis la première étude en 2000. Pour le gouvernement, cette nouvelle épreuve contribue à « revaloriser » la place des mathématiques au lycée, qui avait disparu du tronc commun des matières obligatoires entre 2019 et 2023 avec la réforme Blanquer.
Mais pour Bertrand Buffetti, professeur de mathématiques à Caen et cosecrétaire académique Snes-FSU, « la vraie raison de cette épreuve, on le sait bien, c’est d’avoir des notes de mathématiques pour Parcoursup ». Un avis partagé par de nombreux élèves. « C’est plus important pour le dossier Parcoursup que pour le bac en lui-même », juge Edgar, 17 ans, qui vit à Rennes. Le faible coefficient en rassure certains : « On se dit qu’au pire, si c’est raté, ce n’est pas très grave », dit Romy, 17 ans, en première à Lille.
Pour Laurent Pater, président de l’Union des professeurs de classes préparatoires scientifiques, « avoir un indicateur plus national que le contrôle continu ne peut être que bénéfique, mais on savait faire sans ». « On utilisera cet indicateur, comme les autres, à la mesure de ce qu’il représente », assure-t-il. Les épreuves anticipées de maths et de français font partie des épreuves dites terminales du bac, qui représentent au total 60 % de la note finale du baccalauréat. Le contrôle continu sur deux ans compte pour 40 %.
