Des chercheurs de l’université de Bordeaux et de l’Inserm, ont estimé que l’usage du cannabis médical a un effet positif sur le système de soins en France, il reste tout de même limité
L’usage du cannabis médical, testé plusieurs années en France auprès d’un nombre limité de patients, leur a globalement permis de réduire leur recours aux antidouleurs mais de manière limitée, conclut un bilan rendu public cette semaine.
« À partir de l’effectif limité étudié dans l’expérimentation du cannabis médical en France, l’initiation du cannabis médical montre un impact positif, bien que de faible intensité sur le recours aux soins », conclut cette analyse réalisée par des chercheurs de l’Inserm et de l’Université de Bordeaux, et transmise mercredi par l’Uivec, lobby français des producteurs de cannabis thérapeutique.
La publication de ce document, qui fait suite à une action en justice de l’Uivec auprès de l’État, enrichit le débat au moment où un large flou demeure sur la généralisation potentielle de traitements à base de cannabis en France, le sujet étant actuellement à l’étude chez la Haute autorité de santé (HAS).
L’usage du cannabis médical, déjà en vigueur dans plusieurs pays contre la douleur et l’anxiété, a fait l’objet au début des années 2020 d’une expérimentation auprès de plusieurs milliers de patients, sous l’égide de l’agence du médicament (ANSM). Le but n’était pas de déterminer si le cannabis est, en soi, efficace dans certaines indications - la littérature scientifique fait déjà apparaître des bénéfices, néanmoins modestes - mais s’il l’est suffisamment pour avoir un impact positif sur le système de soins.
L’étude rendue publique mercredi laisse penser que cet impact existe mais reste faible. À titre d’exemple, pour certaines douleurs réfractaires dites « neuropathiques », la proportion de patients sous antalgiques est passée de 73 % à 69 % après l’initiation des traitements à base de cannabis.
Un effet suffisamment important pour justifier l’intérêt de ces traitements « pour les patients en impasse thérapeutique […] où aucune alternative satisfaisante n’existe », assure l’Uivec. La HAS doit notamment se prononcer sur le caractère souhaitable ou non d’une prise en charge de ces médicaments par la Sécurité sociale, un point essentiel pour envisager une commercialisation à grande échelle.
Cette évaluation ne peut, toutefois, pleinement commencer sans la sortie de décrets gouvernementaux toujours en attente. Interrogé, le ministère de la Santé a confirmé que leur publication est prévue d’ici à juillet, comme l’espèrent les professionnels du secteur.
