Le secteur psychiatrique réclame notamment plus de moyens « pour rattraper tout le retard ». Les principaux syndicats appellent à la grève à partir de mi-septembre
« Consternés » par les « réponses inconsistantes » du gouvernement face à la crise de la psychiatrie, les principaux syndicats de psychiatres du secteur public appellent à la grève à partir de mi-septembre, ont-ils annoncé dans un communiqué transmis mercredi.
Début juin, lors de la réunion interministérielle sur la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale, « on attendait un projet ambitieux, structuré, une méthode, un échéancier, une perspective d’envergure » mais « on a trouvé de la communication, des promesses vagues, des mesures cosmétiques ou irréalisables, sans moyens supplémentaires », écrivent ces organisations.
Parmi elles figurent l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), le syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP), le syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la Psychiatrie (USP).
Les responsables syndicaux se sont vus proposer une rencontre, mais des ministres, « nous en avons rencontré au moins 5 ou 6 depuis 4 ans, nous avons déposé des propositions qui sont restées sans suite », poursuit l’intersyndicale. Les auteurs rappellent avoir élaboré, pour l’ex-Premier ministre François Braun, « un dossier complet sur la charge de travail en psychiatrie hospitalière lequel, malgré son actualité brûlante, semble s’être volatilisé… et la psychiatrie publique se trouve de plus en plus exsangue », soulignent-ils.
La psychiatrie « n’a pas besoin de communication ni de caresses », mais de mesures « concrètes et pluriannuelles pour rattraper les retards qui se cumulent d’année en année », et de « moyens conséquents pour pouvoir faire face aux missions » qui se multiplient, estiment-ils.
Les syndicats réclament notamment l’augmentation des capacités d’hospitalisation et d’accueil en CMP (centres médico-psychologiques, sans nuitée), une « revalorisation des ressources » des structures et des rémunérations. « À défaut, et devant ce silence assourdissant, nous lançons un mouvement de mobilisation et de grève de tous les psychiatres publics à partir de mi-septembre », indiquent-ils.
Le 2 juin, le gouvernement avait annoncé deux nouvelles mesures, dont un « coupe-file », qui doit permettre aux élèves « repérés » par l’Éducation nationale comme étant en état de détresse psychique, d’être orientés en moins de 48 heures vers un suivi adéquat. Mais ce sera aux professionnels de santé de « s’organiser entre eux » de manière à « libérer des créneaux » pour ces « urgences », avait dit la ministre de la Santé Stéphanie Rist.
Elle avait aussi annoncé vouloir mettre fin aux pratiques de contention - qui consistent à entraver physiquement certains patients - dans les établissements psychiatriques d’ici 2030.
