Piégé en direct. Ce mardi 2 juin, CNews a soudainement interrompu sa diffusion en direct de la séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. La raison ? Une question posée dans l’hémicycle par le député socialiste Arthur Delaporte que les journalistes n’avaient pas prévu au programme, comme vous pouvez le voir dans notre vidéo en tête d’article.
« La carte de résident de dix ans de madame Xenia Fedorova , proche de Bolloré, et propagandiste du Kremlin, agent déstabilisateur de notre pays, a été délivrée de façon indue et dysfonctionnelle par vos services de préfet de police , lâche d’entrée le député dans sa question adressée au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez. Allez-vous lui retirer son titre et engager une procédure d’expulsion ?
Xenia Fedorova est accusée par les autorités françaises de défendre régulièrement les positions du Kremlin, notamment lors de chroniques régulières dans des médias appartenant à Vincent Bolloré. La semaine dernière, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a pointé les « propos très graves » de Xenia Fedorova, qui « inversent complètement la charge de la preuve sur les responsabilités entre la Russie et l’Ukraine » .
Or, ce mardi, les journalistes de CNews présents en plateau ne s’attendaient pas à une question sur leur consœur, comme le montre le bandeau de la chaîne au même moment, mais plutôt sur les dégradations à Paris après la victoire du PSG en ligue des champions.
Alors, une fois la réponse du ministre passée, les journalistes interrompent la suite de l’intervention du député, visiblement bien embêtés. « Voilà pour cette première question, qui, on va dire la vérité, était supposée être sur les violences , explique le présentateur aux téléspectateurs. Il faut croire que les députés de gauche sont plus intéressés par le petit monde médiatique et notre chaîne en l’occurrence. »
Comme il le raconte à LCP, le député avait bien orchestré la scène : « Quand la chaîne CNews m’a demandé le thème de ma question, j’ai volontairement été elliptique, je suis resté mystérieux », explique-t-il, indiquant à ses interlocuteurs qu’il parlerait des « violences » sans dire lesquelles. Contacté par Le HuffPost , Arthur Delaporte assure que le piège n’était pas « anticipé », mais qu’il s’agissait « plutôt d’un pari ». Pari réussi.
