Fâchée de ne pas avoir obtenu une rallonge supplémentaire de 14 milliards d’euros sur les dépenses militaires prévues d’ici 2030, la droite sénatoriale a voté contre l’augmentation de 36 milliards d’euros voulue par l’exécutif. En l’état, les moyens alloués aux Armées resteraient inchangés.
Pas contents, les sénateurs LR. Dans la nuit de mardi à mercredi, l’examen de la loi de programmation militaire a pris un virage inattendu, les parlementaires de droite écartant la rallonge de 36 milliards d’euros voulue par le gouvernement, faute d’avoir obtenu davantage.
Ce projet de loi qui fixe les grandes orientations et les moyens des armées françaises, doit, selon les vœux de l’exécutif, porter à 436 milliards d’euros les dépenses militaires prévues d’ici à 2030. Soit une hausse de 36 milliards d’euros. Un texte voté le 19 mai par l’Assemblée nationale et promis à une adoption définitive le 9 juin.
C’était sans compter sur l’appétit et la susceptibilité des sénateurs LR. En commission, ceux-ci sont d’abord parvenus à faire passer l’augmentation du budget de 36 à 50 milliards d’euros d’ici quatre ans. Dans l’hémicycle, mardi soir, deux amendements, l’un du groupe socialiste, l’autre du gouvernement, revenant sur le texte initial et la rallonge de 36 milliards d’euros ont été adoptés, à cinq voix près. Partisans d’un gel des crédits, les parlementaires du groupe communiste CRCE-K l’ont voté, comme les écologistes et les centristes.
« Vous devrez assumer des coupes dans les dépenses publiques », a lancé Pascal Savoldelli (PCF) à destination de la droite. « Pour les 36 ou 50 milliards d’euros, qui finance ?, a interrogé le socialiste Rachid Temal, auteur de l’amendement. Il faut dire la vérité. Nous ne voulons pas, nous, supprimer le modèle social. »
De son côté, la ministre des Armées Catherine Vautrin a également soutenu que l’augmentation voulue par LR n’était pas supportable dans l’équilibre des finances publiques : « Un montant aussi important soit-il, dès lors qu’il n’est pas soutenable, peut-il devenir réalité ? Car finalement, ce qui fait l’exécution réelle d’un budget des armées, c’est celui de sa soutenabilité annuelle, pas celui d’un affichage. »
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Quelques minutes plus tard, vexés, les LR se sont carrément opposés, lors d’un vote à mains levées, à l’article 2, fixant la hausse du budget militaire. Résultat : en l’état, ce dernier ne serait augmenté ni de 50 milliards d’euros, ni de 36 milliards, mais de zéro. « Le Sénat ne serait plus lui-même s’il acceptait le texte initial dont nous savons tous qu’il n’est pas cohérent avec l’analyse stratégique et politique sur laquelle il est construit », s’est justifié à l’AFP Cédric Perrin, président LR de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
Pour une fois, les voix de droite se sont donc mêlées à celles des communistes, qui restent opposées à toute augmentation. « Les différentes trajectoires de financement entraînent les mêmes conséquences : la paix et la démocratie reculent, résume Pascal Savoldelli à l’Humanité. L’effort militaire va conduire à une austérité civile. »
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Ce coup de théâtre contrarie les plans d’Emmanuel Macron. Pour atteindre son objectif, d’adopter le texte avant la date symbolique du 14 juillet, l’exécutif devra trouver la parade en commission mixte paritaire.
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