Une avancée majeure dans la lutte contre l’obésité. Depuis ce lundi 15 juin, les médicaments amaigrissements Wegovy et Mounjaro sont remboursés en France. Ces analogues du GLP-1, une classe de médicaments qui contrôle la glycémie et fait perdre du poids, sont désormais pris en charge à 65 % par l’Assurance maladie, mais seulement pour certains types de patients.
L’obésité est une maladie chronique qui peut entraîner d’autres pathologies comme l’hypertension, le diabète, et des risques de cancers. En plus de ces complications médicales, les répercussions sociales sont notables : isolement, souffrance psychologique, difficultés professionnelles. Elle touche aujourd’hui 18 % des adultes en France.
Les patients atteints d’obésité massive sans comorbidité, ou sévère avec comorbidité, peuvent désormais bénéficier du remboursement à hauteur de 65 % par l’Assurance maladie. Les médecins des structures spécialisées dans l’obésité, tels que les centres spécialisés de l’obésité (CSO), les CHU ou les établissements de soins médicaux et de réadaptation (SMR), seront les seuls à pouvoir établir la première prescription de ces médicaments injectables.
« Il faudra vraiment qu’on s’assure que les ordonnances sont parfaites » , a déclaré à l’AFP, Eric Myon, un pharmacien parisien qui essayait encore cette semaine « de récupérer la liste de tous les prescripteurs de CSO ou rattachés aux CSO (...) pour savoir quel médecin est vraiment prescripteur, primo-prescripteur, reconnu et validé » . Seul réel changement attendu dans l’immédiat par ce professionnel : « À partir de lundi, tous les prix de ces GLP-1 seront identiques en France » , explique-t-il, alors que jusque-là leurs prix variaient selon les officines.
De plus, la prise en charge à 65 % des médicaments doit être combinée à une alimentation moins calorique et à une augmentation de l’activité physique. Mais « croyez-vous que des inspecteurs de la Haute autorité de santé iront vérifier que les gens font bien leur temps d’exercice chaque jour et qu’ils ont rempli correctement leur frigo ? » , questionne Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’Ecole d’Économie de Paris.
En dehors de ce remboursement, Wegovy et Mounjaro resteront accessibles à d’autres patients, mais à leur frais. Ils devront cependant être prescrits par un médecin spécialiste ou un généraliste, et s’adresser à des patients avec un indice de masse corporelle (IMC) supérieur ou égal à 30, ou supérieur ou égal à 27 en présence d’un facteur de comorbidité au moins, en association à des mesures diététiques et à une augmentation de l’activité physique.
Un million de personnes seraient potentiellement éligibles à cette nouvelle prise en charge, mais le ministère de la Santé estime que la réalité sera probablement en dessous, tablant sur un coût total de cent millions d’euros pour l’Assurance Maladie en 2027.
Le marché de l’obésité en France pèse déjà plus de 150 millions d’euros, une valeur multipliée par plus de 20 par rapport à 2024, selon des données du groupe Iqvia. Depuis le lancement de Wegovy en octobre 2024, le nombre de boîtes vendues par mois a progressé de 23 %. Et, avec l’arrivée des versions en comprimés, la dynamique pourrait s’amplifier. À tel point que certaines mutuelles pourraient proposer une prise en charge plus large, notamment pour les personnes non éligibles au remboursement.
